Football, société et polique en Espagne : du franquisme à la transition démocratique.

par Pachely Dimitri DOUKAGA KASSA

Projet de thèse en Etudes hispaniques

Sous la direction de Jean-Louis Guereña.

Thèses en préparation à Tours , dans le cadre de Sciences de l'Homme et de la Société depuis le 10-07-2013 .


  • Résumé

    Le football joue un rôle important et a un grand impact dans la société espagnole à tous les niveaux : social, culturel, politique, identitaire…, et cela s’accentue pendant le franquisme. Pendant les premières années du franquisme, le football devient le loisir par excellence en Espagne. Pour oublier leurs dures conditions de vie, les Espagnols se divertissent en regardant un match de football. Voyant l’effet du football sur le peuple, le pouvoir politique récupère très rapidement ce sport et l’exploite afin de maintenir les Espagnols dans une passiveté politique, aussi pour améliorer son image auprès des démocraties occidentales. L’un des symboles de la politique menée par le franquisme à cette époque n’est autre que le Real Madrid qui, grâce à ses nombreux titres nationaux et internationaux, suscite une admiration qui va au-delà des frontières nationales et devient le meilleur ambassadeur de l’Espagne à l’étranger. Après deux décennies au service du pouvoir en place, le football devient progressivement, au cours des années 1960 et 1970, un excellent instrument pour la mobilisation de l’opposition démocratique, et surtout un refuge pour les revendications de type identitaire notamment en Catalogne et au Pays basque. Ainsi pendant les matchs du FC Barcelone, l’emploi du catalan se généralise, le drapeau catalan se déploie et les supporteurs reprennent des chants interdits comme Els Segadors, suscitant la réprobation et les sanctions du pouvoir. Le FC Barcelone redevient une arme contre le franquisme. Cela est également le cas au Pays basque avec l’Athlétic de Bilbao qui redevient progressivement un catalyseur de l’identité basque. Le stade de San Mamés constitue l’un des principaux espaces publics où le basque est librement parlé et où le drapeau basque flotte en dépit des multiples sanctions qui s’abattent sur le club. D’ailleurs, le lien entre l’Athlétic de Bilbao et le nationalisme basque se renforce, à la fin du franquisme et au début de la transition démocratique, lorsque plusieurs hommes d’affaire proches du PNV, voire partisans de la lute armée l’E.T.A., prennent la direction du club. Pendant le franquisme et la transition démocratique le football contribue, donc, à l’émergence de nouvelles formes de socialisation, indispensables à la consolidation de la démocratie mais aussi à l’affaiblissement de l’Etat espagnol.


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