« My Narrative is just published » : publication, circulation et réception des récits d'esclaves africains-américains, 1825-1861

par Michaël Roy

Thèse de doctorat en Civilisation américaine

Sous la direction de Claire Parfait.

Thèses en préparation à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Érasme (Villetaneuse, Seine-Saint-Denis) et de Université Paris 13 (établissement de préparation) depuis le 12-10-2012 .


  • Résumé

    Cette thèse entreprend l’étude du corpus des récits d’esclaves africains-américains publiés entre 1825 et 1861 au prisme de l’histoire du livre et de l’édition. À partir de recherches sur archives, elle met au jour les modes de publication, de circulation et de réception de récits emblématiques – ceux de Frederick Douglass, William Wells Brown, ou encore Harriet Jacobs – et de récits moins connus. Partant, elle remet en cause certaines idées reçues sur ces récits de la période antebellum, dont la critique considère généralement qu’ils furent publiés grâce à l’aide des sociétés antiesclavagistes, qu’ils rencontrèrent un succès considérable auprès de la classe moyenne blanche du Nord et furent tirés à des milliers d’exemplaires, et qu’ils constituèrent rapidement un genre à part dans la production littéraire de l’époque. Il s’agit dans ce travail de montrer la diversité des dispositifs éditoriaux au sein desquels les récits d’esclaves virent le jour, en même temps que de s’interroger sur le rapport des Africains-Américains au livre et à l’imprimé et sur leurs pratiques en matière de publication, à un moment où l’industrie éditoriale est encore en cours d’émergence et où les acteurs du livre ne publient guère d’ouvrages ayant trait à l’abolitionnisme (au moins jusqu’à la parution d’Uncle Tom’s Cabin de Harriet Beecher Stowe en 1852). En réinscrivant les récits d’esclaves dans le réseau de pratiques et de discours qui ont permis leur essor, et en les considérant dans leur dimension matérielle, cette thèse entend montrer la nature hétérogène et fluide d’un objet littéraire souvent perçu par la critique comme formant un tout cohérent et strictement codifié.

  • Titre traduit

    “My Narrative is just published” : the Publication, Circulation, and Reception of Antebellum Slave Narratives


  • Résumé

    This dissertation is at the crossroads of two distinct disciplinary fields: African American studies and the history of the book. More specifically, it examines the publication, circulation, and reception of antebellum slave narratives—the narratives of Frederick Douglass, William Wells Brown, and Harriet Jacobs, as well as a number of lesser-known works. The story of the slave narrative is well rehearsed: narratives of ex-slaves, critics say, were usually written in collaboration with white abolitionists, with antislavery societies subsidizing publication; they met with considerable success, going through multiple editions and selling in the tens of thousands; they were largely directed toward a northern white audience; and they soon emerged as a distinct genre in antebellum America. None of these statements is fundamentally untrue. The overall picture they paint of antebellum slave narratives is, however, a distorted one. Slave narratives were produced through a variety of authorial economies. Investigating these economies allows to shed new light not only on the slave narrative as a genre, but also on African Americans’ print practices at a time when the publishing industry was still emerging and when book people were reluctant to publish and distribute antislavery literature—at least before Harriet Beecher Stowe’s Uncle Tom’s Cabin came out in 1852. Acknowledging the heterogeneous and fluid nature of what is often perceived as a homogeneous and strictly codified genre gives us a better sense of how slave narratives might have been variously received and consumed in the decades preceding the Civil War.