L’appropriation du corps chez Descartes, Malebranche et Maine de Biran : une approche philosophique du corps à la lumière des savoirs positifs.

par Emmanuel Brigandat

Projet de thèse en Philosophie

Sous la direction de Kim Sang Ong-Van-Cung.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités , en partenariat avec Sciences, Philosophie, Humanités (Bordeaux) (equipe de recherche) depuis le 05-09-2013 .


  • Résumé

    Il est un jugement convenu en histoire de la philosophie que Descartes s’arrête au seuil de la notion de corps propre. La raison en est que le dualisme substantiel empêcherait de penser toute union véritable de la substance pensante et de la substance étendue. La notion d’union substantielle de l’âme et du corps n’y changerait rien. Le champ de l’existence humaine qu’elle désigne ne pourrait être atteint par la métaphysique. Il conviendrait alors de se taire et de vivre cette union sans chercher à la connaitre. Expulsé hors de la pensée métaphysique le corps propre ne pourrait être conquis que par le recours à une philosophie appropriée : une phénoménologie plutôt qu’une métaphysique. Mais à parler ainsi ne se rend on pas doublement coupable ? Coupable d’abord de démembrer la pensée cartésienne qui déploie un trésor d’efforts pour penser la spécificité du corps humain du double point de vue de sa connaissance positive, en médecine et en physique, et de son appropriation en morale. Coupable ensuite de ne pas prendre au sérieux la notion d’union substantielle de l’âme et du corps. Ne faut-il pas plutôt voir dans les multiples approches cartésiennes du corps la trace d’une tentative pour penser son appropriation et son union intime avec l’âme ? Ainsi serait-il possible d’intégrer Descartes à une histoire du corps propre qui passera par Malebranche et Maine de Biran en s’appuyant, entre autre, sur les concepts d’effort, de jugement naturel, de géométrie naturelle. Nous souhaiterions écrire cette histoire et montrer par là que la connaissance positive ne s’inscrit pas d’emblée dans une opposition diamétrale à la notion de corps propre.

  • Titre traduit

    The concept of own body in the work of Descartes, Malebranche and Maine de Biran : an approach of the own body concept in the lights of natural sciences.


  • Résumé

    From a philosophical point of view it seems to be a trite that Cartesian dualism prevents us from producing the “own body” (corps propre) concept. Indeed it is usually admitted that phenomenology is the only cogent philosophical way to describe the flesh “chair” as a concept which surpasses the outdated Cartesian mind-body distinction. However, according to Descartes “substantial distinction” is balanced by “substantial union”. Consequently it seems that Descartes lay the foundations for the « own body » concept. In my thesis I want to link Descartes, Malebranche and Maine de Biran in order to show that the concept of own body is deeply rooted in Descartes’ philosophical legacy.