La figure de Narcisse dans la littérature et la pensée médiévales

par Magali Romaggi-Trautmann (Romaggi)

Projet de thèse en Litterature médiévale

Sous la direction de Marylène Possamai.

Thèses en préparation à Lyon , dans le cadre de 3La - Lettres lingusitique langues et arts depuis le 24-08-2012 .


  • Résumé

    La figure de Narcisse au Moyen Âge présente des aspects différents et importants ; elle est utilisée pour représenter des enjeux profonds, aussi bien littéraires et psychologiques, que moraux et théologiques. Plus généralement, cette figure semble essentielle parce que justement mythique : elle permet de figurer et d’expliquer des ressorts profonds de l’esprit humain, des comportements et des croyances humaines. Le transfert culturel, la transposition mentale, axiologique, que la figure subit au Moyen Âge, mérite d’être étudiée en profondeur, à partir des textes mythographiques comme ceux de Fulgence, Arnoul d’ Orléan ou Jean de Garlande mais aussi en s’appuyant sur les grandes références théologiques et morales des écrivains médiévaux, Saint Augustin, Saint Bernard, Hugues de Saint-Victor ou encore Guillaume de Saint-Thierry par exemple. Elle sera explorée dans les grands textes littéraires aussi bien que dans la littérature morale et allégorique, et principalement dans ce monument de l’âge gothique qu’est l’Ovide moralisé en vers du début du XIVe siècle, dont l’on comparera le texte de la légende de Narcisse à celui de ses différents hypotextes : le texte source des Métamorphoses d’Ovide bien sûr, mais aussi le Lai du XIIe siècle et le Roman de la Rose du XIIIe siècle. Par ailleurs dans de nombreux romans ou poèmes, un des personnages se compare au héros mythique : quel sens prend cette comparaison à Narcisse, de quelle manière devient-elle une figure topique pour exprimer un destin tragique voué à la mort ou un contre-exemple à ne pas imiter ? Notre corpus s’étend donc du haut Moyen Âge au XVe siècle et présente des œuvres aussi bien composées en langue latine qu’en langues vernaculaires d’oïl ou d’oc. Cette variété des œuvres nous invite également à interroger la question du genre littéraire, aussi complexe que mal définie au Moyen Âge. Comment le mythe est-il « mis en roman », c’est-à-dire, à la fois traduit en langue romane et transposé dans des genres différents comme en lai narratif, en poésie ou en pièce théâtrale ? Comment éventuellement redevient-il mythe en servant de figure emblématique à la fin’amor , voire à l’amour mystique ?


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