Le partage de la douleur. Une anthropologie figurative du cinéma contemporain

par Olivier Cheval

Thèse de doctorat en Études cinématographiques et audiovisuel

Sous la direction de Luc Vancheri.

Thèses en préparation à Lyon , dans le cadre de 3La - Lettres lingusitique langues et arts depuis le 01-11-2012 .


  • Résumé

    Dans les films contemporains étudiés, la description des mécanismes d’exclusion et de marginalisation des malades, des drogués, des prostitués, des transsexuels ou des travailleurs exploités débouche sur l’invention d’un être-ensemble qui se fonde sur ce que chaque corps recèle de plus intime et de plus indicible, pour faire en sorte que la souffrance des hommes ne soit pas le facteur de leur isolement, de leur repliement sur eux-mêmes dans l’invisibilité et l’incommunicabilité de la douleur, une fatalité perdue pour la scène de l’histoire, mais au contraire le lieu d’un nouveau partage, d’une colère créatrice, d’un désir émancipateur, d’une lutte. Bref, chacun des films est pensé comme l’utopie d’une tâche commune qui arracherait la douleur au silence et à la solitude des chairs. La politique du pathétique que nous tenterons de mettre au jour dans un corpus contemporain de films de fiction, de documentaires et d’expérimentations plastiques prend appui d’une part sur la reconsidération par l’historien de l’art Georges Didi-Huberman de la portée politique de l’exposition de la douleur des peuples (Peuples exposés, peuples figurants, 2012) et d’autre part sur la redéfinition des liens entre art et politique qu’a permise la pensée d’une « politique de l’esthétique » chez Jacques Rancière, notamment lorsque le philosophe invite, dans Les Écarts du cinéma (2011), à ne plus limiter le lien entre politique et cinéma à l’analyse narratologique d’une situation d’exploitation directement branchée sur l’indignation du spectateur, mais à envisager le film comme le lieu esthétique où se joue un nouveau partage du sensible. Il s’agira donc de comprendre chacun des films comme un double travail de figurabilité de la chair et de figurativité d’une communauté utopique qui trouve dans la négativité de la souffrance une puissance de partage et de création.


  • Pas de résumé disponible.