/Répétition/ (mot barré) : la non-représentation du vouloir-dire et le dernier retour de l’histoire de l’art par le dispraître

par Ji min Son

Thèse de doctorat en Esthétique

Sous la direction de Jean-Marie Schaeffer.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 29-11-2012 .


  • Résumé

    Dans sa provenance platonicienne, l’idéal de l’incarnation de l’Idée doit à la fois affronter des individualités (pré)déterminées et qualitativement différentes (le pluralisme) – qui sont répétitions et répétées elles-mêmes. Il doit devenir le vouloir-dire de la personne qui s’efforce de mettre en œuvre ce dernier et qui cherche à franchir les limites ontologiques de la représentation. Cependant, l’irréalisabilité de la pure répétition du vouloir-dire – ou de n’importe quel « sujet » – atteste de la présence absente du même dans le processus de sa mise en œuvre ; la répétition est toujours déjà répétition différenciatrice, son acte même toujours susceptible d’être perçu comme mimétique en pratique. Lorsque nous « créons », nous cherchons une différence absolue (singularisation) tout en visant l’universalité du vouloir-dire, l’Univocité. Autrement dit, c’est l’inévitabilité de la répétition différenciatrice (« nouveauté ») qui se répète et tend vers un dernier résultat censé être absolument univoque et intersubjectivement compris et jugé. Cette inévitabilité signifie-t-elle une (ou la dernière) impasse théorique – une « fin » – insurmontable ? Comment les artistes, les historiens d’art et les philosophes s’y prennent-ils ? Entre l’origine et le futur de l’art, quelle puissance de la répétition devrait-on y chercher pour ne plus répéter « une répétition pour toute » ?

  • Titre traduit

    /Repetition/ (crossed) : non-representation of “vouloir-dire” and the Last Return of the History of Art by Disappearing


  • Résumé

    From its Platonic source, the ideal of embodiment of Idea must face individualities which are (pre)determined and qualitatively different – and are themselves repetitions repeated. It must become “what-is-wanted-to-be-said” or “meaning” (“vouloir-dire”) of the person who endeavors to realize it and to attempt to exceed the ontological limits of representation. Meanwhile, the unrealizability of pure repetition of the “vouloir-dire” – like any other “subject matter” – testifies to the absent presence of the same in the process of its realization; each and every repetition is always already a differential repetition, and its act itself always susceptible to be taken as mimetic in practice. When we “create”, we search for the absolute difference (singularization) while aiming at a universality of the “vouloir-dire”, Univocity. Put another way, it is the inevitability of the differential repetition (“newness”) that repeats itself and moves towards the last outcome that is meant to be unique in itself and intersubjectively understood and judged. Does this inevitability point towards a (or the last) insurmountable theoretical stalemate – “an end”? How do artists, art-historians, and philosophers deal with this problem? Between the origin and the future of art, what sort of force of repetition do we have to look for in order to finally no longer repeat “one repetition for all”?