Le marché du livre d’économie en France (1945-2013). Contribution à une histoire sociale des idées économiques

par Jean-michel Cha hsi che

Projet de thèse en Sciences politiques

Sous la direction de Frederique Matonti.

Thèses en préparation à Paris 1 , dans le cadre de Science politique , en partenariat avec Centre Européen de Sociologie et de Science Politique (CESSP) (equipe de recherche) depuis le 06-12-2011 .


  • Résumé

    Cette thèse porte sur le livre d’économie comme support singulier de la mise en scène des phénomènes économiques. En nous appuyant sur des archives et catalogues d’éditeurs, sur la presse professionnelle (Le Bulletin du livre, Livre Hebdo), ainsi que sur des entretiens avec des auteurs et des éditeurs, nous cherchons à rendre compte, dans la première partie, de la constitution et du développement, à partir de 1945, d’un marché du livre d’économie et gestion organisée autour d’un corps relativement stable de producteurs (économistes, hauts fonctionnaires, dirigeants d’entreprise) et de consommateurs (cadres, étudiants, militants) légitimes. Tandis que la période des Trente Glorieuses voit, notamment sous l’influence des « modernisateurs », émerger l’économie comme catégorie autonome de l’ « ordre des livres », les décennies suivantes permettent de saisir - au-delà des inflexions idéologiques qui affectent l’espace des discours économiques – différents registres de la compétence économique, c’est-à-dire du droit à parler d’économie. La seconde partie repose sur une enquête prosopographique sur les auteurs de livres d’économie dans la période contemporaine (2006-13). Il s’agit de restituer l’état contemporain du champ de production de discours économiques, et de souligner, chez les auteurs et les éditeurs, les propriétés efficientes de consécration des discours livresques sur l’économie. Dans un second temps, par l’analyse de contenu d’un corpus déterminé de livres d’économie allant du manuel à l’essai en passant par l’ouvrage de recherche, nous proposons de restituer les logiques de la « mise en livre » de l’économie en fonction de publics différenciés, « mise en livre » impliquant notamment la plus ou moins forte euphémisation des controverses politiques et/ou académiques. Enfin, un troisième temps de la thèse analyse le rôle et le fonctionnement des instances de consécration des livres économiques, et notamment de certains titres de presse - comme Les Échos ou Alternatives économiques - et de prix littéraire dédiés aux livres d’économie, comme le Prix Turgot du meilleur livre d’économie financière. Ces trois volets doivent ainsi nous permettre de rendre compte des logiques sociales d’une lutte spécifique pour la mise en scène légitime du phénomène « économie », lutte spécifique qui est le produit d’une interaction entre des agents issus des champs académique, éditorial, médiatique, économique et politique.


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