L'Espagne et les captifs du Nord de l'Afrique au 16° siècle.

par Olga Ortega

Projet de thèse en Langues, littératures et civilisations des pays de langues européennes

Sous la direction de Rudy Chaulet.

Thèses en préparation à Bourgogne Franche-Comté , dans le cadre de Ecole doctorale Langages, Espaces, Temps, Sociétés (Besançon ; 1991-2016) et de Université de Franche-Comté (établissement de préparation) depuis le 01-10-2012 .


  • Résumé

    Les relations entre l’Espagne et l’Afrique du Nord à la fin du Moyen Age et à l’Époque Moderne sont essentielles pour une bonne compréhension de la monarchie hispanique et de son empire ainsi que des questions politiques, religieuses, sociales, voire économiques, qui y sont liées. Parmi ces relations, celles qui s’articulent autour de la question des captifs chrétiens détenus en Afrique du Nord sont fondamentales, et cela, que ce soit après la prise de navires en Méditerranée par des pirates barbaresques, des razzias auxquelles ils se livrent sur les côtes espagnoles, ou encore après certaines défaites des Espagnols sur le territoire africain (Alger 1541, Bougie 1555, Mostaganem 1558, Djerba 1560). C’est tout un système qui en découle, dans lequel s’insèrent, pour ce qui est des aspects militaires, l’installation de places fortes en Afrique du Nord (Melilla, Oran, Mers el-Kébir, Rocher d’Alger, La Goulette, etc.), et la création d’un réseau de défense côtier. Dans un contexte où ce sont les démarches négociées qui prédominent, c'est également un système de collecte des aumônes par les ordres religieux dédiés (Mercédaires et Trinitaires), de transformation des sommes recueillies en marchandises, de préparation d’expéditions de rachat vers l’Afrique du Nord, puis, sur place, de rachat lui-même, et enfin de réinsertion des anciens captifs dans la société chrétienne. Tout ceci ne laisse apparaître qu’une part sans doute mineure de la masse des chrétiens détenus en Afrique du Nord et leur éventuelle adhésion à l’Islam, faisant d’eux ainsi, aux yeux de la monarchie catholique, des renégats, autant de nouveaux ennemis pour l’Espagne d’âmes perdues pour l’Église. De nombreuses études tant pour l’Espagne que pour d’autres pays du pourtour méditerranéen, voire au-delà, se sont déjà penchées sur la question des captifs. Cependant, en particulier pour ce qui est du XVIe siècle, période fondamentale dans la mesure où elle est celle de l’offensive victorieuse puis, très vite, de l’échec des Espagnols en Afrique du Nord, mais aussi des Turcs en Méditerranée occidentale, la question des captifs espagnols et de leur libération mérite d’être revue et approfondie afin d’étudier la proportion de population concernée, le sort des captifs, et l’enjeu qu’ils représentaient pour la Monarchie Espagnole. C’est pourquoi, à partir de notre travail de recherche de master intitulé El rescate de cautivos españoles en Argel a partir del legado de Carlos V (Le rachat des captifs à Alger à partir du legs de Charles Quint), nous avons rouvert le dossier afin d’analyser au plus près les pratiques de rachat au cours du XVIe siècle : sommes versées par les donateurs et par les rédempteurs, typologie des captifs, sort qui leur était réservé en captivité, réseaux de solidarité, etc. La guerre de course et la négociation de captifs s’inscrit dans une tradition ancienne qu’il convient de remettre en perspective. Aussi, les méthodes de rédemption varient autour de la Méditerranée occidentale (Castille, Aragon, Sicile, Naples, Gènes, etc.) et il est nécessaire de les comparer en faisant ressortir les spécificités de celles pratiquées sous l’égide de la Monarchie Espagnole. La méthode employée est principalement le dépouillement des archives et bibliothèques espagnoles (AGS Simancas, AHN et BNE Madrid). Nous examinons également le récit des captifs ainsi que les chroniques de l’époque en prenant soin de faire la critique de ces sources très particulières du fait de leur subjectivité.


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