Critique de la raison préventive

par Emmeline Lestrade

Projet de thèse en Philosophie pratique

Sous la direction de Chantal Delsol mill0n et de Éric Fiat.

Thèses en préparation à Paris Est , dans le cadre de OMI - Organisations, Marchés, Institutions , en partenariat avec EEP - Espaces Ethiques et Politiques - Institut Hannah Arendt (laboratoire) depuis le 01-12-2012 .


  • Résumé

    La prévention est l'une des préoccupations de notretemps. Etroitement liée à une vision étatique, économique et comptable que représente cette ressource humaine, elle vise à prévenir l'apparition de maladies susceptibles d'entamer ce capital. Certes, les actions de préventions ont permis que disparaissent certains fléaux sanitaires et amélioré considérablement l'hygiène des populations. Cependant, dans cette aventure humaine, l'Homme semble y avoir gagné autant qu'il en a perdu. S'il a gagné la possibilité de vivre plus longtemps, il y a perdu quelque chosede son autonomie. Car laprévention, c'est d'abord éduquer, et cela ne va pas sans 'redresser' des comportements qui pourraient apparaître comme 'déviants'. La normalisation de l'humain devient en ce sens, une condition de son efficience. Erigée en dogmer sanitaire, ceux qui s'en écartent encourent le risque de l'exclusion. Cette normalisation ne va pas sans unecertaine représentation du normal et du pathologique. Mais cette frontière est quelquefois si ténue que le pathologique semble devenir la norme. Le DSM IV, livre de référence des pathologies mentales, transforme aujourd'hui en 'trouble' ce qui hier, s'apparentait à un trait de caractère. Aussi, à mesure que la science et la médecine s'engagent dans la recherche de ''infiniment petit', l'homme devient 'potentiellement malade' suggérant et justifiant bien souvent, le recours à des actions de prévention. Engagée dans la recherche de 'l'homme normal', notre société ne serait-elle pas en passe d'ériger la 'médecine prédictive' en norme sociétale, sacrifiant ainsi la raison sur l'autel de la fiction.

  • Titre traduit

    Criticism of the preventive reason


  • Résumé

    The prevention is one of the concerns of ourtime.Closely related to an official, economic and accounting vision that represents this humain resource, it aims at preventing the appearance of diseases likely to erode this capital. Of course, the preventive actions allowed the disappearance of certain sanitary blights and improved considerably the hygiene of the populations. However, in this human adventure, Man seems to have gained as much as the has lost. If he won the possibility to live longer, he lost something of its autonomy there. Because the prevention is to educate first, and that does not go without 'rectifying' behaviors that can appear as 'deviating'. The normalization of the humain becomes in this sense, a condition of its efficiency. Built as a health dogma, those who deviate from it incur the risk of exclusion. This normalization does not go without a certgain representation of the normal and the pathological. But the border is sometimes so thin that the pathological seems to become the norm. The DSM IV, reference book of mental diseases, today transforms into a 'trouble'what yesterday, resembled a trait of character. Also, as science ans medicine become engaged in the search for the 'infinitely small', man becomes 'potentially sick' suggesting and justifying very often the recourse to preventive measures. Engaged in the search for the 'normal Man', our society woldn't be on its way to set up the 'predictive medicine' as asocietal norma, thus sacrificing reason on the altar of fiction.