Auto Gouvernance des Biens Communs et Community Organizing : Cas du Logement social dans les banlieues.

par Sarah Naji

Projet de thèse en Sciences économiques

Sous la direction de Sylvie Thoron.

Thèses en préparation à Paris Est , dans le cadre de OMI - Organisations, Marchés, Institutions , en partenariat avec LIPHA - Laboratoire Interdisciplinaire d'Etude Politique HANNAH ARENDT (laboratoire) et de Largotec (OMI) (equipe de recherche) depuis le 14-11-2011 .


  • Résumé

    L'Etat, la Propriété Privée et les Communautés : Les trois solutions proposées pour la gestion des ressources communes sont-elles incompatibles ou complémentaires ? De nos jours, il est rare que nous n'entendions pas parler du danger d'épuisement des ressources naturelles, que ce soit dans la presse ou à la télévision, l'opinion publique est de plus en plus sensibilisée à ce qui pourrait être une tragédie des biens communs. Tout d'abord qu'est ce que nous entendons par « la tragédie des biens communs » ? Garett Handin, écologue américain, a défini ce concept dans un article paru dans la revue Science en 1968 comme étant la détérioration de l'environnement à laquelle il faut s'attendre dés le moment ou plusieurs individus utilisent en commun une ressource pourtant renouvelable. Cependant, il n'était pas le premier à s'être intéressé à ce sujet, Aristote remarqua, que ce qui est connu du plus grand nombre fait l'objet des soins les moins attentifs, « l'homme prend le plus grand soin de ce qui lui est propre, il a tendance à négliger ce qui lui est commun ». Cette notion s'illustre par plusieurs exemples. Nous pouvons citer la famine au Sahel dans les années70. Cette région est exposée depuis la fin des années 1960 à de longues périodes de sécheresse et ses habitants souffrent de facon récurrente de la famine. Mais la sécheresse n'est pas la seule cause de ce phénomène. En effet, avant les années 1970, des pâturages, des arbres adaptés à un climat sec et des brisons épineux poussaient dans cette région, chaque année, il n'y avait aucune pluie, pendant 8 ou 9 mois, les plantes desséchaient et mourraient, ne reprenant vie que lors de la saison des pluies suivantes. Dans les années 1950 et 1960, les pluies ont été plus abondantes, ce qui a entrainé une augmentation de la population du Sahel. Les habitants du Sahel ont surexploités les pâturages sans se rendre compte que leur région possède une activité agricole qui est marginal et subit un déséquilibre entre les ressources naturelles et les besoins de l'homme, ce qui a engendré la disparition des pâturages et donc l'épuisement de la ressource. La question que l'on se pose est la suivante : Quelle est la meilleure manière de gérer les ressources naturelles utilisées en commun par plusieurs individus de façon à maintenir leur viabilité économique à long terme ? Dans la littérature en sciences économique, l'Etat a été suggéré comme solution, selon le théoricien politique Ophuls William « à cause de la tragédie des biens en communs, les problèmes environnementaux ne peuvent être résolus par la coopération, et si nous évitons cette tragédie, ce ne sera du qu'à la tragique nécessité du Léviathan », Ophuls estime qu'une autorité externe est nécessaire pour assurer un contrôle des systèmes de ressources naturelles par des gouvernements centraux. Heilbroner, économiste américain, principalement connu par la publication de la biographie des plus grands économistes a également dit qu'il faut des gouvernements de fer pour combattre les problèmes environnementaux. Au contraire, Elinor Ostrom, titulaire du Prix Nobel d'économie en 2009, considère qu'un pouvoir extérieur puissant manque d'informations complète et que le cout lié à un contrôle étatique n'est jamais examiné dans les protocoles imposés. Une deuxième solution a été proposée en Angleterre par les libéraux (Adam Smith,Locke, Turgot,Condillac..) au 12ème siècle jusqu'à aujaurd'hui, cette solution est la notion de privatisation des biens communs. L'idée est de transmettre les droits réels de propriété de la communauté aux utilisateurs en le partageant d'une manière équitable entre eux. Sauf que jusqu'à maintenant, il n'existe pas de travaux empiriques qui démontrent que, pour un système donné la somme des gestions privées optimiserait la ressource par rapport à une gestion collective. La logique d'un « seul » moyen a été abordée aussi, estimant que soit l'Etat, soit la privatisation peut résoudre ce problème mais en aucun cas les deux. Pourtant, étant donnée la complexité des variables qui dimensionnent un système de biens communs, faut-il affirmer qu'une seule solution est optimale ? Une alternative empirique a ensuite été proposée par Elinor Ostrom, qui montre que si les utilisateurs respectent un certain nombre de règles très complexes, cela donne des résultats que nous pouvons qualifier d'optimaux. Prenons comme exemple le cas des pêcheries d'Alanya en Turquie, Elinor Ostrom a remarqué qu'une partie des pêcheurs a pu se contrôler et ne pas tomber dans le piège de la surexploitation des biens communs tandis que d'autres ont été pris dans un cercle vicieux et détruisent leurs propre ressource. Elinor Ostrom a démontré que partout dans le monde, il existe des collectivités qui ont su gérer de façon économiquement optimale des biens communs par l'élaboration « d'arrangements institutionnels ». Ces institutions sont selon Ostrom « l'ensemble de règles opérationnelles utilisées pour déterminer ce qui est éligible pour prendre des décisions dans une certaine arène, quelles actions sont permises, quelles règles d'actions seront utilisées, quelles procédures seront suivies, quelle information doit ou ne doit pas être fournie et quels gains seront attribués aux individus en fonction de leurs activités ? ». Ainsi, en plus de la gestion par des droits de propriété individuels ou par l'Etat, nous pouvons avoir une troisième solution, un nouveau cadre institutionnel efficace au sein duquel les communautés gèrent collectivement des biens communs sans conduire à leur épuisement. Ostrom estime que les modèles décrits par les économistes pour répondre à la problématique des ressources communes ont un effet négatif, dans le sens ou ils justifient une centralisation de l'autorité politique. En effet, dans ces modèles, les individus exploitant les ressources communes sont perçus comme étant capables d'une maximisation à court terme mais pas à long terme. Par ailleurs, ces individus sont décrits comme se trouvant dans une sorte de piège, incapables de se contrôler sans l'intervention d'une autorité externe qui leur offre la solution miracle. Enfin, les institutions crées par ces individus sont rejetées ou simplement ignorées pour le simple fait qu'elles sont soit disant inefficaces. Or, ces institutions permettent d'acquérir de l'information, de réduire les coûts de surveillance et d'application et accordent équitablement les droits d'appropriation. Il ne faut pas oublier que les solutions miracles présentées par les organismes externes sont basées sur des modèles de marchés idéalisés ou d'Etats idéalisés. En admettant que les individus sont capables de s'autogérer sans l'intervention d'un organisme externe, je serai amenée dans ma thèse à traiter des questions suivantes : Comment peut-t-on être sûr de l'exactitude des informations fournies par ces individus concernant leurs comportements vis-à-vis de la ressource en question ? La non intervention de l'Etat ne causera-t-elle pas un manque de crédibilité dans les résultats obtenus ? n'y a-t-il pas de contradiction entre ces trois solutions ? Peuvent-elles être complémentaires l'une de l'autre ou au contraire incompatibles ? Concernant les comportements des individus, comment se fait-t-il que certains arrivent à se contrôler et à ne pas épuiser leurs ressources, tandis que d'autres en abusent ? Quels sont les paramètres qui influencent le comportement des individus ?

  • Titre traduit

    Community Organizing : Social Housing in the suburbs


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