Aménager et gouverner un territoire de banlieue : l'environnement et le cadre de vie au cœur des politiques urbaines du département du Val-de-Marne de 1964 aux années 1980. Echelles, acteurs et outils de décisions.

par Julia Moro

Projet de thèse en Histoire

Sous la direction de Florence Bourillon.

Thèses en préparation à Paris Est , dans le cadre de CS - Cultures et Sociétés , en partenariat avec Centre de recherche en histoire européenne comparée (Créteil) (laboratoire) depuis le 01-03-2010 .


  • Résumé

    Cette thèse porte sur l'évolution des rapports entre les différents acteurs, échelles et outils de décisions intervenant dans l'élaboration des politiques publiques d'aménagement et d'équipement d'un territoire départemental. Elle cherche à déterminer, dans ce cadre d'étude particulier qu'est le Val-de-Marne, la place des élus locaux dans la définition de politiques publiques d'aménagement et à nuancer l'idée d'un rapport de soumission des élus locaux aux décisions étatiques. Ce jeune territoire de banlieue né d'une redéfinition de la gouvernance de l'agglomération parisienne amorcée en 1961 avec la création du District de la Région parisienne, et confirmée par la réforme administrative de 1964 qui redécoupe les départements de la Seine et de la Seine-et-Oise en sept nouveaux départements (Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, l'Essonne, les Yvelines et le Val-d'Oise), conduit à s'interroger sur les conséquences de ce redécoupage pour les nouveaux territoires qui en sont issus et pour les acteurs de la vie départementale. Territoire hétérogène composé de 47 communes, dont 29 sont issues du département de la Seine davantage urbanisées et équipées que les 18 autres issues du département de la Seine-et-Oise plus rural, le Val-de-Marne pose la question du rééquilibrage de son territoire en terme d'équipement et de son identité. Une identité artificielle, mais que les élus départementaux vont toutefois tenter de créer par le biais de politiques publiques d'équipement et d'aménagement destinées à asseoir la réforme et le rôle du conseil général, ainsi qu'à promouvoir leur département vis-à-vis des autres territoires de la région parisienne. Les premiers résultats acquis par la recherche conduisent à penser que le démembrement de la Seine et de la Seine-et-Oise donne lieu à de nouveaux modes de gestion des équipements publics en créant notamment les conditions du développement des institutions interdépartementales en Région parisienne (assainissement, parc) et redessine les missions des nouveaux départements qui doivent gérer, entretenir et valoriser un patrimoine en partie issu du département de la Seine. Se créent donc de nouveaux services techniques départementaux, comme ceux de l'assainissement et des espaces verts, qui sortent des missions ordinaires des départements. De même qu'est confirmée la place de plus en plus grande des élus départementaux au cours des années 1970 dans l'élaboration des politiques publiques d'aménagement et dans la planification urbaine de plus en plus concerté et négocié.

  • Titre traduit

    Setting up and governing a suburban territory: the environment and the living environment at the heart of the urban policies of the Val-de-Marne department from 1964 to the 1980s. Scales, actors and decision-making tools.


  • Résumé

    This thesis deals with the evolution of relations between the different actors, scales and decision tools involved in the development of public policies for the development and equipment of a departmental territory. In this particular study framework, Val-de-Marne, it seeks to determine the place of local elected representatives in the definition of public planning policies and to qualify the idea of ​​a report on the submission of elected representatives local decisions. This young suburban territory born of a redefinition of the governance of the Parisian agglomeration begun in 1961 with the creation of the District of the Paris Region, and confirmed by the administrative reform of 1964 which redcoupled the departments of the Seine and the Seine (Paris, the Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Essonne, Yvelines and Val-d'Oise) to question the consequences of this redistricting for the new territories resulting from it and for the actors of the departmental life. A heterogeneous territory composed of 47 communes, 29 of which are from the Seine department, which are more urbanized and equipped than the 18 other outlets in the more secluded Seine-et-Oise department, the Val-de-Marne raises the question of rebalancing its territory in terms of equipment and its identity. An artificial identity, but which the departmental representatives will try to create through public policies of equipment and layout designed to establish the reform and the role of the general council, as well as to promote their department vis-à- vis the other territories of the Paris region. The first results obtained by the research lead to the belief that the dismemberment of the Seine and the Seine-et-Oise gives rise to new ways of managing public facilities, in particular by creating the conditions for the development of interdepartmental institutions in the Paris Region , park) and redraws the missions of the new departments which must manage, maintain and enhance a heritage partly from the department of the Seine. New departmental technical services, such as those for sanitation and green spaces, are created, which come from the ordinary missions of the departments. In the same way, the increasing importance of the county councilors during the 1970s was confirmed in the formulation of public planning policies and in urban planning, which was increasingly concerted and negotiated.