Le geste créatif en image de synthèse : les fleurs virtuelles de Miguel Chevalier.

par Narjes Khemir

Projet de thèse en Arts

Sous la direction de Martin Laliberté.

Thèses en préparation à Paris Est , dans le cadre de CS - Cultures et Sociétés , en partenariat avec LISAA - Littératures Savoirs et Arts (laboratoire) depuis le 01-11-2010 .


  • Résumé

    Nous proposons dans notre recherche d’évoquer la notion de geste artistique dans la création en art numérique et plus précisément en image de synthèse qui est particulièrement l’image d’artistes. Notre démarche sera, au début, l’analyse de deux principales notions de notre recherche le « geste » et la « création ». Notamment, la notion de geste varie en fonction du domaine d’étude. En fait, le geste prend une dimension singulière pour chaque domaine d’art. Par exemple, dans le cas de l’art plastique ou de la danse, la personnalité et l'état intérieur du plasticien comme du danseur traduisent des diversités de gestes et d'émotions produits à travers des traces spécifiques, des traces sur le support pour le plasticien et des traces dans l'espace pour le danseur. C'est le geste qui détermine la facture du peintre, marques si reconnaissables dans les tableaux de Van Gogh ou de Cézanne, traces du pinceau singulières pour chaque peintre. Ainsi, le corps est donc très impliqué dans la création en art plastique, nous dirons qu'il agit comme un médiateur, alors qu'en art corporel il est le processus même de la création. En conséquence, le mouvement du corps de l'artiste, de son poignet, de sa main révèle une gestuelle singulière qui interroge la pratique mais plus encore les discours. C’est à travers le geste que né la création unique et particulière de chaque artiste car chaque individu à ses propres mouvements du corps pour réaliser une œuvre. En effet, le geste nous intéresse comme phénomène concret, incarné, visible, plastique, entre technique et art. D’où, nous décèlerons le geste artistique. Nous choisirons, dans une première approche, de s’interroger sur le concept de geste physique de l’artiste dans les différents arts : peinture, danse, musique. Ce qui nous permettra, par la suite, de définir le geste de l’artiste en art numérique. D’ailleurs, notre réflexion portera sur le geste comme forme artistique ou constitutive du processus créatif en image de synthèse. Nous aborderons, ainsi, la création à partir du geste artistique. Nous voudrons montrer que le geste est l’élément essentiel de la créativité car il est la liberté d’action, le rapport avec le corps et la pensée. Nous étudierons le rapport de geste à la pensé. En fait, Margit Rowell souligne dans son livre « La peinture le geste l’action » que le geste se considère comme un système complexe, ou le cerveau apprend, perçoit, se souvient simule, anticipe. Le geste est donc perception à part entière. Considérant que la créativité est d’abord un changement de perception, il se confirmerait que le geste soit un moyen privilégié de travailler sa créativité. D’une part, l'idée se traduit, principalement, par la notion de geste en tant que langage du corps. Un geste doit en effet se préparer, s'intérioriser, tout en restant ouvert à la sensation, au toucher. C'est dans cette marge qu'il faut chercher son authenticité. Réfléchir sur le geste dans la pratique artistique, c’est pour nous le moyen de comprendre comment un travail s’articule. Quel est le rapport du geste et du langage de cette forme d’art spécifique ? Comment s’articule le regard artistique à travers le geste ? D’autre part, on ne peut comprendre la notion de geste créatif que par rapport à l’environnement et l’outil de création. Nous voulons parler de la relation à l’autre, au corps de l’autre. Dans l’art numérique, l’outil de création de l’artiste est la machine. En conséquence, nous étudierons le dialogue entre l’artiste et la machine qui représente son outil de création de l’œuvre. Nous mettrons l’accent ici sur la relation du corps humain à la technique. Nous évoquerons dans notre analyse comment le corps humain peut-il s’inscrit dans la matière s’il n’y a plus de lien direct entre l’idée et la réalisation. Jusqu’où il peut aller l’artiste numérique lorsqu’il n’est plus en contact direct avec son œuvre ? Par exemple, le peintre procède son œuvre par des gestes successifs et bouge sa main, son bras, son corps selon les endroits à atteindre dans la toile. Ces mouvements transforment immédiatement la matière réelle et engendrent ainsi les formes. Tandis que, l’artiste numérique utilise le langage de programmation comme technique de création qui impose de délaisser le geste pictural pour le langage, de passer d’un acte physique à un mode de représentation symbolique : l’artiste tape sur son clavier pour écrire des instructions et ces mots vont ensuite, par ordinateur interposé, concevoir l’œuvre. Nous chercherons, aussi, à comprendre comment le geste se manifeste par la nouvelle place de motricité et la tactilité. Sachant que le geste est le contact direct avec soi et avec l’œuvre. Nous essayerons d’analyser l’implication du corps de l’artiste face aux interfaces du toucher et de saisir des dispositifs de la machine. De plus, notre réflexion demeura sur l’interaction entre l’artiste et la machine afin de spécifier le geste. Néanmoins, il y a un rapport d’action et de réaction entre l’artiste et la machine (ordinateur) pour créer l’œuvre. Nous envisagerons d’étudier le rapport entre le langage corporel de l’artiste et le langage de programmation de l’ordinateur. Nous voudrions montrer que le geste et le calcul sont deux univers dans une situation d’échange. En effet, le geste est l’expression corporelle de l’artiste et le calcul représente la fonction de l’ordinateur. Nous nous référons, ainsi, à des travaux d’artistes qui mettent en valeur nos hypothèses et argumentent notre idée pour répondre aux questions qui lui sont liées. Nous nous adresserons aux artistes pionniers comme Vera Molnar, Manfred Mohr et Michaël Noll. Nous nous intéresserons, aussi, aux travaux des différents artistes qui ont réalisé des œuvres en images de synthèse comme Jeffrey Shaw, Michel Bret, Karl Sims etc. Nous justifierons notre recherche en se documentant aux textes des auteurs théoriques comme Edmond Couchot, Frank Popper, Margit Rowell, Leroi-Gourhan, Anne-Sarah Le-Meur, Michel Bret etc.

  • Titre traduit

    The creative gesture into digital image : the virtual flowers of Miguel Chevalier.


  • Pas de résumé disponible.