Prendre la mesure de la violence à l'école ; Perception, interprétation et codification des actes violents en milieu scolaire. Des acteurs à l'institution ; mise à contribution de différents niveaux dans le traitement d'un processus complexe.

par Keveen Carreras

Projet de thèse en Staps

Sous la direction de Cécile Collinet.

Thèses en préparation à Paris Est , dans le cadre de Ecole doctorale Cultures et Sociétés (Créteil ; 2015-....) , en partenariat avec ACP - Analyse Comparée des Pouvoirs (laboratoire) depuis le 01-10-2007 .


  • Résumé

    Dans mon travail, prendre la mesure de la violence à l'école peut s'entendre de plusieurs manières… Prendre la mesure, c'est d'abord mesurer, chiffrer quantifier un phénomène à l'aide d'outils et d'instruments, rassembler les choses, les agréger pour les faire tenir ensemble et leur donner vie, une réalité. Invite à s'interroger sur comment se font et se défont les qualifications ainsi que les instruments mis en places pour les mesurer. D'autre part, prendre la mesure de la violence à l'école, c'est aussi prendre des mesures pour endiguer le phénomène, ce qui nous invite à porter le regard sur les textes officiels et les débats parlementaires, les dispositifs institutionnels mis en place, et les outils utilisés par les acteurs au sein des établissements pour prévenir et gérer le phénomène. Autrement dit, c'est dans un raisonnement à double sens ascendant/descendant, qu'il faut entendre la mesure : d'un côté, la manière dont les actes violents se globalisent, comment la notion se constitue, se formalise, mais aussi la manière dont le phénomène est pris en considération aux différents niveaux dans différents milieux (politique, institutionnel par les académies, les rectorats, scientifique, éducatif). Par une étude des instruments de quantification, de totalisation, de qualification, je tente de saisir par quelles procédures les choses s'agrègent, comment les conceptions relatives à la violence à l'école se figent, se cristallisent et deviennent réelles, ou comment sa définition se transforme et son traitement évolue. Et par l'étude des dispositifs, des textes législatifs et règlementaires, des mesure, et des milieux qui les créent et les font vivre, je tente de comprendre comment est pris en compte le phénomène, quels moyens de donnent les acteurs pour tenter d'y répondre. L'ambition est de parvenir à montrer comment tout cela tient ensemble ; comment se crée la cohérence entre les différents niveaux et acteurs ? Comment cela fonctionne ? Ainsi, par le titre « Prendre la mesure des violences à l'école » j'entends appréhender la trajectoire du dossier, tant au travers des instruments de quantification qui sont mis en place pour en assurer la mesure que des mesures qui sont prises aux différentes périodes pour l'endiguer. Pour se faire, je propose une modélisation globale du système qui embrasse 3 gros pôles : - le milieu et ses acteurs, - la cause publique de la violence à l'école et ses variantes ainsi que les crises infléchissant sa trajectoire (dossier publique) - enfin les dispositifs de régulation mis en place. Je tente d'orchestrer la réflexion autour de 3 logiques enchevêtrées : La prremière est celle du déploiement du dossier au travers d'une perspective diachronique… Elle permet une première représentation du système. Comment se constitue une cause, une mise en agenda au travers de travaux de sociologie balistique et de sociologie de l'action publique : comment au travers de crises relayée par la presse, le pouvoir politique et le champ scientifique s'intéressent à ce sujet, et donne lieu à des dispositifs, qui auront pour vocation d'interagir sur le milieu… Pour le discuter, nous engageons une deuxième logique, où il s'agit de creuser du côté des interactions entre les acteurs, les réseaux constitués et les jeux d'arguments et d'influence entre eux. Comment est produite et infléchie la cause des violences à l'école… Il s'agit dans cette partie de s'intéresser aux forums, chers à Lascoumes, ces espaces hybrides où différents acteurs se disputent et s'accordent sur des sujets de débat. Enfin, la troisième logique, sera celle s'intéressant aux milieux, aux acteurs des établissements scolaires, à leurs moyens d'action propres, comment sont perçus et reçus les dispositifs, comment les acteurs de terrains s'entendent entre eux et s'outillent pour ça dans une volonté nécessaire de répondre au problème au quotidien… Nous allions ici une approche ethnométhodologique et une sociologie pragmatique.

  • Titre traduit

    School violence and statistics


  • Résumé

    Violences in school