Sacralisation of politics in Turkey : kurdish Case & la sacrelisation de la politique en Turquie : exemple de Kurde : sacralization of politics, cult of personalities

par Esra Elmas Balancar

Thèse de doctorat en Etudes politiques & sociologie

Sous la direction de Hamit Bozarslan et de Sami Zemni.

Thèses en préparation à Paris, EHESS en cotutelle avec l'Universiteit gent , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 19-06-2013 .


  • Résumé

    Abdullah Öcalan est devenu au cours des quarante dernières années l’une des personnalités politiques les plus «popularisées» dans la sphère politique turque. Alors qu'il a principalement étudié dans le cadre d'œuvres centrées sur le PKK, en tant que dirigeant du premier mouvement kurde moderne massifié, Öcalan n'a pas été lui-même le seul sujet d'une étude universitaire. Plus important encore, seules quelques études nationales et internationales ont analysé la manière dont Öcalan est perçu, intériorisé et hégémonisé par ses disciples sur la base d'une étude de terrain. En dépit de cette absence d'analyse, reconnu comme le dirigeant «incontestable» du mouvement kurde hégémonique actuel en Turquie, Öcalan dispose d'un pouvoir politique central et représente un axe fort au sein de la population kurde aujourd'hui, non seulement en Turquie mais également au Moyen-Orient. Est. Par exemple, outre le Kurdistan irakien, la «révolution Rojava» qui a eu lieu en Syrie représente un exemple vivant de l’impact d’Öcalan au-delà des frontières de la Turquie et du dévouement qui existe envers lui au sein de la communauté kurde de la région. Sur une période de quarante ans, le pouvoir et l’impact d’Öcalan sont passés du statut de «camarade» à celui de «dirigeant». Il est significatif que la politique kurde hégémonique et ses partisans tiennent Öcalan au-dessus des critiques. ils indiquent largement que, si Öcalan et le PKK n'avaient pas existé, personne n'aurait accepté la présence de l'identité kurde en Turquie. Finalement, Öcalan est devenu le culte d'une personnalité qui a dominé tous les débats sur la question kurde en Turquie et progressivement au Moyen-Orient. Aujourd'hui, ses idées et sa philosophie influencent fortement la société kurde, divisée en Iran, en Irak, en Syrie et en Turquie. comme membres de la diaspora kurde qui ont émigré de ces pays vers différentes parties de l'Europe. Outre cela, dans le monde d’aujourd’hui, lorsque la question kurde est soulevée, Öcalan est le chiffre qui vient spontanément à l’esprit. Il est bien entendu que le culte d'Öcalan semble incarner des espoirs et des idéaux diversifiés - parfois contradictoires - des Kurdes en tant que nation. C'est malgré l'absence d'un État-nation. Aux yeux des étrangers, le statut d'Öcalan s'apparente à celui de propriétaire de la question kurde. Malgré ou peut-être en raison de son rôle important dans la reformulation et la vulgarisation des idées nationalistes kurdes en Turquie, durant les années extraordinaires de conflit armé, en particulier dans les années 90 et dans son contexte politico-social très polarisé, la perception des Kurdes de Turquie a pris pour acquis comme largement homogène, et suppose deux catégories strictes dans lesquelles les Kurdes sont définis comme «pour» ou «contre» Öcalan. Ce «script public» ne s'intéresse pas aux raisons et au contenu plus complexes d'un tel soutien ou d'une telle opposition et a par conséquent abouti à la création d'images "bonnes" et "mauvaises", ou "d'amis" ou "ennemies" du Kurde dans que les «bons Kurdes» sont perçus comme ayant un potentiel inné et naturel à se transformer en «mauvais Kurdes». Plus important encore, la voix des Kurdes qui figure dans le visage d'Öcalan n'a pas suscité de curiosité publique ou académique. L'objectif de cette étude est donc de discuter de la sacralisation de la politique dans le cas d'Öcalan à travers la perception des Kurdes. Ce faisant, on utilise une approche comparative en élaborant le discours d'Öcalan via le PKK, qui est l'une des sources principales de la sacralisation de sa propre politique et en se concentrant sur les motivations, les significations, la place et les fonctions du récit sacré. qui s’articule autour d’Öcalan dans la politique et le royaume des Kurdes. Cette approche comparative est nécessaire pour examiner la ligne d’interaction entre le discours d’Öcalan présenté et réalisé par le biais du PKK, ainsi que ses réflexions et ses réinterprétations dans le monde kurde. Pour ces raisons, il est impératif de situer le sujet dans un contexte historique avec ses composantes sociopolitiques, car la perception des Kurdes par le PKK et par Öcalan est construite socialement et politiquement à travers le contexte historique particulier de la Turquie. D'après des recherches empiriques menées auprès de Kurdes diversifiés, l'étude montre que la perception des Kurdes par Öcalan en Turquie peut être lue dans le contexte d'une sacralisation de la politique. Cela fait référence à une trajectoire dans laquelle Öcalan a des images / visages changeants au cours de ses quarante années d’évolution, passant de «camarade» à celui de «président» et, finalement, à celui de «dirigeant»; de l'autre, il a été attribué de différentes manières: "chef kurde moderne", "charisme kurde", "père kurde autoritaire", "révolutionnaire kurde" et "projet d'Etat turc", "l'ennemi des Kurdes". "ou le" tueur du Kurdistan ".

  • Titre traduit

    Sacralisation of politics in Turkey : kurdish Case & la sacrelisation de la politique en Turquie : exemple de Kurde


  • Résumé

    Abdullah Öcalan has become one of the most ‘popularized’ political figures in Turkey’s political sphere over the last forty years. While he has mainly been studied as part of works which focus on the PKK, as the leader of the first massified modern Kurdish movement, Öcalan has not himself been the sole subject of an academic study. More importantly, only a handful of national and international scholarship have engaged with analysing the ways in which Öcalan is perceived, internalized and hegemonized by his followers on the basis of a field study. Despite this absence of analysis, as being acknowledged as the ‘indisputable’ leader of the current hegemonic Kurdish movement in Turkey, Öcalan possesses a central political power and represents a strong axis within the Kurdish population today, not only in Turkey but also within the Middle East. For instance, besides Iraqi Kurdistan, the ‘Rojava Revolution’ that took place in Syria represents a live example of Öcalan’s impact beyond Turkey’s borders and the dedication that exists towards him among the Kurdish community in the region. Over a forty-year period, Öcalan's power and impact have increased from the status of ‘comrade’ to that of ‘leadership’. It is significant that hegemonic Kurdish politics and its followers hold Öcalan above criticisms; they widely indicate that, if Öcalan and the PKK had not existed, nobody would have accepted the presence of the Kurdish identity in Turkey. Eventually, Öcalan became a cult of a personality who dominated all debates surrounding the Kurdish issue in Turkey and gradually within the Middle East, and today his ideas and philosophies strongly influence Kurdish society, which is divided across Iran, Iraq, Syria and Turkey as well as the Kurdish diaspora members who migrated from these countries to different parts of Europe. Besides this, in today’s world, when the Kurdish issue is raised, Öcalan is the figure that spontaneously comes to mind. It is clearly understood that the Öcalan cult seems to embody diversified – sometimes conflicting- hopes and ideals of Kurds as a nation. This is despite the lack of a nation state. In the eye of outsiders, the status of Öcalan is akin to that of owner of the Kurdish issue. Despite or maybe as a result of his significant role in the reformulation and popularization of Kurdish nationalist ideas in Turkey, during the extraordinary years of armed conflict especially in the 1990s and in its highly polarized social-political context, the perception of Turkey’s Kurds has been taken for granted as largely homogeneous one, and presumes two strict categories in which Kurds are defined as either ‘for’ or ‘against’ Öcalan. This ‘public script’ does not engage with the more complex reasons and content of such support or opposition and has consequently resulted in the creation of the ‘good’ and ‘bad’, or ‘friend’ or ‘enemy’ images of the Kurd in which the ‘good Kurds’ are seen as having an innate and natural potential to turn into ‘bad Kurds’. More importantly, the voice of Kurds that is embedded in the face of Öcalan has not been the subject of a public or academic curiosity. Therefore, the aim of this study is to discuss the sacralization of politics in the case of Öcalan through the perception of Kurds. While doing so, a comparative approach is employed by means of elaborating Öcalan’s discourse via the PKK as it is one of the primary sources of the sacralization of his own politics and by focusing on the motivations, meanings, place and the functions of the sacred narrative which revolves around Öcalan in the politics and realms of Kurds. This comparative approach is required due to examining the line of interaction between Öcalan’s discourse that is presented and realized via the PKK and its reflections on and reinterpretations in the worlds of Kurds. For these reasons, situating the topic in a historical context with its socio-political components is a requirement for this study as both the PKK and Öcalan perception of Kurds are socially and politically constructed through the particular historical context of Turkey.Therefore, based on the empirical research conducted with diversified Kurds, the study argues that the Öcalan perception of Kurds in Turkey can be read in the context of a sacralization of politics. This refers to a path in which on one hand Öcalan has changing images/faces over his forty-year evolution from ‘comrade’, to the ‘president’ and ultimately to the ‘leadership’; on the other, he has been attributed in several ways such as a ‘modern Kurdish leader’, ‘Kurdish Charisma’, ‘Authoritarian Kurdish Father’, ‘Kurdish Revolutionist’ as well as ‘project of Turkish state’, ‘the enemy of Kurds’ or the ‘killer of Kurdistan’.