L'immeuble mixte, dispositif architectural vecteur de transformations du paysage urbain de villes africaines. Cas d'étude au Bénin.

par Franck HoundÉGla

Projet de thèse en Architecture

Sous la direction de Nathalie Lancret et de Noël Diogo.

Thèses en préparation à Paris Est en cotutelle avec l'Université d'Abomey-Calavi (Bénin) , dans le cadre de VTT - Ville, Transports et Territoires , en partenariat avec IPRAUS - Institut Parisien de Recherche Architecture Urbanistique Société (laboratoire) depuis le 01-11-2010 .


  • Résumé

    La pratique régulière de villes d'Afrique subsaharienne révèle des paysages en transformation rapide, que l'on peut observer dans l'évolution des formes architecturales et urbaines, l'apparition de nouvelles esthétiques urbaines et la mutation des modes de vie citadins. Ces transformations prennent place dans un contexte de croissance urbaine rapide visible dans l'expansion spatiale, la densification des villes et l'émergence de nouvelles agglomérations . L'espace de villes aussi différentes par les sites et les héritages urbains que Bamako, Ouagadougou, Cotonou, Porto-Novo, Yaoundé ou Kinshasa donne à voir des caractères communs qui s'inscrivent dans une recomposition des paysages urbains et touchent à la matérialité de l'architecture urbaine. Marqués par l'état de chantier de nombreux bâtiments et infrastructures, ces paysages témoignent autant du dynamisme des activités de construction que de la discontinuité d'exécution des travaux. Ils se caractérisent, dans leur esthétique, par la rencontre de référents visuels, architecturaux et urbains locaux et internationaux, et l'association de mises en œuvre artisanales et de matériaux manufacturés. Les rues se transforment, dans leur spatialité et leurs usages, sous les effets conjugués de la verticalisation du bâti, du renouvellement des styles architecturaux, de la propagation d'espaces marchands et de l'impact visuel de supports publicitaires d'échelle architecturale. La recherche porte sur la transformation de l'espace, l'esthétique et les usages de la rue sous l'effet de nouvelles pratiques de construction populaire. La rue étant entendue au sens générique d'une voie de circulation urbaine bordée de bâtiments, mais aussi comme lieu d'interactions économiques, sociales et culturelles. On s'intéresse à la diffusion d'un dispositif architectural que l'on appellera immeuble mixte – construction privée articulant espace marchand sur rue et espace résidentiel aux étages ou sur cour – qui semble faire émerger un nouveau type de rue en Afrique subsaharienne. L'immeuble mixte, produit en autopromotion, généralement financé, bâti et occupé progressivement, sans l'intervention d'un architecte, est devenu une figure ordinaire de l'architecture privée. Situé à l'articulation de l'espace domestique et des espaces extérieurs communs, il semble constituer un mode de production émergent du bâti populaire et exercer une action déterminante sur l'évolution du paysage urbain par sa diffusion dans des tissus urbains différenciés. Il s'implante le long d'axes passants comme au sein de quartiers, et génère, selon sa localisation, des continuités ou des ponctuations urbaines. Des continuités, par les alignements de façades et la succession de commerces qui construisent un front de rue ; des ponctuations, par l'émergence de gabarits verticaux dans des tissus majoritairement horizontaux et par l'implantation de commerces de proximité, qui semblent participer d'une dissémination urbaine des polarités marchandes. Bien qu'il se démarque des formes dominantes de l'architecture domestique par sa disposition spatiale et sa facture visuelle, l'immeuble mixte paraît montrer, par la progressivité de son édification et de son occupation, une filiation avec les pratiques locales anciennes de construction évolutive. L'hypothèse est que la diffusion de ce dispositif architectural transforme l'espace de la rue, d'une part, par l'apparition de nouvelles esthétiques architecturales, d'autre part, par une évolution des rapports entre voie, commerce et habitat dont le commerce est moteur. Ces transformations, liées à l'évolution des modes de vie citadins, sont générées par les actions individuelles des autopromoteurs qui se conjuguent à l'échelle urbaine et semblent accentuer les fonctions marchandes. L'immeuble mixte apparaît comme une figure architecturale populaire d'une modernité en invention dans les villes subsahariennes. On évoquera en premier lieu le contexte urbain de la recherche et on définira ce qui caractérise l'immeuble mixte en tant que dispositif architectural (disposition, esthétique, usages), puis on questionnera : - les ressorts de son apparence formelle ; - les effets de sa diffusion sur la spatialité et les usages de la rue ; - sa relation aux héritages architecturaux et constructifs locaux, et la façon dont ils s'articulent avec des vecteurs d'influence contemporains ; - les vecteurs de sa diffusion locale et interurbaine.

  • Titre traduit

    Mixed building, architectural feature vector of transformation of the urban landscape in African cities. Case study in Benin.


  • Résumé

    The research focuses on the transformation of space, aesthetics and uses of the streets, in the generic sense. We are interested in the diffusion of an « architectural device » that we call mixed-use building — a private construction articulating commercial and residential spaces — which seems to emerge a new type of streets in sub-Saharan Africa. The mixed-use building, that is a real self-promotion product, is generally financed, built and occupied progressively, without the intervention of an architect. It became a regular figure in the private architecture. Located at the articulation of domestic and outdoor common areas, it appears to be a popular emerging mode of production and acting decisively on the evolution of urban landscapes through its propagation in different urban tissues. It is located along main roads as in neighborhoods and generates, depending on its location, urban continuities or punctuations. The research questions the forces that influence his formal appearance; its relationship to the local architectural and building heritage, and how they fit together with contemporary influences; the tools of its local and interurban propagation; the effects of its propagation on the spatiality and uses of the streets.