Travail et travailleurs agricoles migrants dans la filière de la tomate à industrie en Italie du Sud

par Romain Filhol

Projet de thèse en Géographie

Sous la direction de Claire Hancock, Adelina Miranda et de Serge Weber.

Thèses en préparation à Paris Est en cotutelle avec l'Università Degli Studi di Napoli Federico II , dans le cadre de École doctorale Ville, Transports et Territoires (Champs-sur-Marne, Seine-et-Marne ; 2015-....) , en partenariat avec Lab'Urba (Champs-sur-Marne, Seine-et-Marne) (laboratoire) depuis le 03-09-2012 .


  • Résumé

    En s'inscrivant dans la continuité de mes mémoires de recherche de M1 (2010) et de M2 (2012) abordant l'un comme l'autre la question des recompositions des espaces ruraux dans l'Europe Méditerranéenne, ma thèse se propose d'interroger les modalités d'insertion des ouvriers agricoles migrants dans les espaces d'agriculture intensive du Mezzogiorno. Plus précisément, il s'agit ici d'éclairer le lien entre les évolutions du secteur agricole méditerranéen – marqué par une compétition accrue dans un contexte de libéralisation économique croissante des matières premières agricoles – et l'augmentation doublée d'une diversification des flux migratoires à destination de l'Italie – dans un contexte d'encadrement croissant des « mobilités de travail » par l'Union Européenne. Caractérisé à la fois par une inversion rapide des dynamiques migratoires – d'espace d'émigration « fordiste » à espace d'immigration « post-fordiste » – et par une histoire agraire heurtée et largement constitutive de son identité – entre poids économique et social de l'agriculture et historicité des luttes bracciantili – le Mezzogiorno s'est imposé comme terrain de recherche le plus adapté à mon travail de thèse. Plus précisément, je me suis attaché à l'étude des espaces de la tomate à industrie, à savoir le Pianura Campana ; l'Agro-Nocerino-Sarnese ; le Vulture Alto Bradano ; et le Tavoliere delle Puglie. Afin d'éclairer la figure de l'ouvrier agricole migrant, mon travail s'est organisé suivant quatre grands « axes » de recherche. Dans le premier, je propose une analyse du secteur agricole intensif du Mezzogiorno, en posant comme hypothèse qu'il agit selon les règles d'un capitalisme poussé à l'extrême. Dans le second, je cherche à tracer un lien entre la position du travailleur agricole migrant sur le marché du travail agricole, et son insertion différenciée dans les espaces ruraux du Sud de l'Italie. A partir de là, je cherche à comprendre les règles selon laquelle s'organise la territorialisation des migrants en Italie du Sud, entre mobilité forcée et précarité extrême. Enfin, les luttes organisées par les travailleurs agricoles migrants me poussent à m'interroger sur la possibilité d'évoquer un « droit de cité » dans un espace rural réinterrogé.

  • Titre traduit

    Migrants fieldworkers in the Mezzogiorno's agriculture : the economical, social, spatial and cultural stakes of an immobile offshoring.


  • Résumé

    Following my previous research carried out during my master degree about the restructuration of rural spaces in Mediterranean Europe, my doctoral thesis intends to interrogate the modalities of insertion of migrant workers in the intensive farming spaces of Southern Italy. More specifically, I will enlighten the link between the evolutions of the Mediterranean farming sector – marked by an increasing competition in a context of ongoing economic liberalization of the agricultural commodities – and the increasing and diversification of migratory flows in destination to Italy – in a context of major legal framework of migrations for work reasons. Characterized by a quick inversion of its migration flow (from “fordist” emigration space to “post-fordist” immigration space) and by an eventful agrarian history which has shaped its identity (between the economic and social significance of modern agriculture and the recent history of its peasant's struggles), Southern Italy imposed itself as the more suitable fieldwork for me. More particularly, I concentrated my efforts on the analysis of the tomato spaces, I mean Pianura Campana; Agro-Nocerino-Sarnese ; Vulture Alto Bradano ; and Tavoliere delle Puglie. To frame the “agricultural migrant worker”, my work has followed four main research axes. In the first one, I propose an analysis of the intensive farming sector in Southern Italy, assuming that it follows the pattern of an extreme form of capitalism. In the second one, I underline the link between the position of the migrant worker in the labor market, and its diversified social insertion in the rural spaces of Southern Italy. From this point, I try to understand the dynamics of migrant worker's territorialization, between forced mobility and extreme precariousness. Then, I will use the migrant farmworkers struggles to support the idea of a “right to the city” for these people, in a context of rural spaces which have therefore to be questioned.