Parcours du regard. Altérité et responsabilité dans la représentation du lager.

par Sebastiano Giuntini

Thèse de doctorat en Litteratures générales et comparées

Sous la direction de Denis Bertrand et de Patrizia Violi.

Thèses en préparation à Paris 8 en cotutelle avec Sum italia , dans le cadre de École doctorale Pratiques et théories du sens (Saint-Denis, Seine-Saint-Denis) depuis le 10-10-2010 .


  • Résumé

    Cette recherche vise à aider la compréhension de certains aspects particuliers du fonctionnement du discours sur l’horreur. Dans ce but, en tant que terrain d’élaboration et vérification des nos hypothèses, nous nous servirons d’un petit corpus de textes – quelques films et un roman – qui essaient de représenter les camps de concentration et d’extermination nazis. Nous avons choisi de nous focaliser sur la figure du spectateur qui n’est pas directement impliqué dans les événements. En effet, des éléments comme l’entrée dans l’« ère de la post-mémoire » de la Shoah, la diffusion sur une vaste échelle des représentations et des récits des camps et, finalement, la place du spectateur à distance disponible pour tous ceux qui ont accès au catalogue médiatique de la violence, ont pour conséquence de ressortir l’importance du rôle du spectateur dans la culture occidentale contemporaine. Nous entendons d’étudier cette question d’un point de vue spécifiquement sémiotique : nous nous interrogerons sur les effets de sens et les enjeux du traitement discursif de la distance (non seulement spatiale et temporelle mais aussi cognitive et pathémique) entre le spectateur et la scène de l’horreur. Faisant référence à une série de tentatives concrètes de mettre en discours l’horreur des lager, nous observerons comment les textes considérés tracent à leur intérieur la place du spectateur de l’horreur. Il s’agit donc d’observer comment les textes de notre corpus thématisent le spectateur de l’horreur, quelle place ils lui assignent et quel parcours ils lui proposent. C’est en relation avec ces stratégies discursives que les spectateurs (et les lecteurs) empiriques sont appelés à prendre effectivement position.

  • Titre traduit

    Alterity and Responsibility in the Representation of the Nazi Death Camps


  • Résumé

    The aim of this research is to investigate some specific aspects of the representation of horror. To illustrate and evaluate our hypothesis we analyze a small corpus of texts – a novel and some films – that somehow (more or less successfully) try to deal with that kind of radical alterity represented by the Nazi death and concentration camps . The main focus of our study concentrates on some discursive strategies that thematize the figure and the position of the spectator not directly involved in the represented events. There are several reasons behind this choice: a) we have entered the age of the postmemory of the Holocaust; b) western culture witnesses an extremely broad diffusion of literary and visual representations of the Holocaust; c) the “dubious privilege of being spectators, or of declining to be spectators of other people’s pain” (Sontag) extends to anyone who can access the cultural catalogue of horror. These factors contributed to increase the relevance of the role of the spectator of the horror in contemporary western culture. This study proposes to examine this question from a semiotic perspective. It will investigate some meaning effects of the discursive modulations of the distance (not only a spatial and temporal one but also a cognitive and pathemic one) between the place of the spectator and the scene of the horror. We will try to answer the following questions: how our texts thematize the figure of the spectator of the horror?; which are the places and the narrative trajectories they create for him?. Focusing on these discursive strategies can give us some useful insights concerning the ways we struggle to come to term with the horror of the camps.