Galiciennes en Catalogne sous le premier franquisme (1940-1960). De la migration « économique » aux chemins d’émancipation d’une migration choisie

par Emma Rubio-Milet

Projet de thèse en Langues et littératures étrangères

Sous la direction de Christine Delfour.

Thèses en préparation à Paris Est , dans le cadre de Ecole doctorale Cultures et Sociétés (Créteil ; 2015-....) , en partenariat avec Centre de recherche Littératures, savoirs et arts (Champs-sur-Marne, Seine-et-Marne) (laboratoire) depuis le 13-10-2012 .


  • Résumé

    Cette étude d’une migration intérieure espagnole sous le premier franquisme, propose d'interroger la spécificité de l'émigration des femmes galiciennes en Catalogne dans la période réputée d’immobilité du premier franquisme, comme sous-ensemble du phénomène plus large des migrations espagnoles en temps de crise. Cette thèse de doctorat examine au-delà d’un phénomène qualifié de migration « économique », les aspects historiques, démographiques et sociologiques, mais aussi humains, de cette migration spécifique, presque invisible, entre 1940 et 1960, afin de l'objectiver quantitativement, mais plus essentiellement pour révéler et valoriser qualitativement des trajectoires singulières. Nous y exposons les méthodes utilisées, inspirées de la sociologie ou de l’anthropologie pour l’exploitation des entretiens menés en Galice et en Catalogne, afin d’historiciser leurs trajectoires de femmes : fragments de récits de vie captés lors des entretiens ou sources orales enregistrées dans un fonds d’archives orales en Galice, sources archivistiques ou bibliographiques. L’analyse d’extraits sélectionnés des entretiens permet d’approcher et de comprendre, à partir de leur expérience individuelle, le monde que quittaient les émigrantes galiciennes, économiquement abandonné mais riche d’une culture singulière, et celui qui était au bout de leur voyage et qu’elles choisissaient, urbain, industriel et riche de sa propre culture ; comprendre afin de mesurer leurs motivations et de faire nôtres les enjeux et les conditions de ce flux migratoire invisibilisé par l’Histoire. Forte de cette compréhension sensible, nous nous projetons dans l’Espagne de l’après-guerre civile, de Galice en Catalogne, dans l’idée de dégager la spécificité de chacune des deux régions, ses territoires, sa population, son histoire et sa société, notre objectif étant de retracer la trajectoire de femmes espagnoles, galiciennes transculturées en Catalogne, parfois pour mieux repartir, et de montrer en quoi elles ont, par leur travail, leur aspiration entêtée à vivre mieux, leur dynamisme et leur courage, contribué à la modernisation de l'Espagne au seuil du tournant des années 1960.

  • Titre traduit

    Galician women in Catalonia under the first Francoism (1940-1960). From 'economic' migration to emancipation paths of a chosen migration


  • Résumé

    This study of a Spanish inland migration under the first Francoism proposes to examine the specificity of Galician women emigration in Catalonia during the first Francoism, as a subset of the broader phenomenon of Spanish migration in times of crisis. This doctoral thesis so examines beyond a so called «economical» phenomenon, the historical, demographic, and sociological, but also human, aspects of this specific migration, almost invisible, between 1940 and 1960, to objectify it quantitatively, but more essentially to reveal and to qualitatively value singular trajectories. We first present the methods used: inspired by the comprehensive sociology or anthropology in order to historicize the interviews conducted in Galicia and Catalonia, life stories fragments captured during the interviews or oral sources recorded in a collection of oral archives in Galicia, archival or bibliographic sources, to historicize women trajectories. The analysis of selected extracts from the interviews makes it possible approaching and understanding, from their individual experience, the world that the Galician emigrating women were leaving behind them and the one they had chosen as the termination of their voyage, to measuring their motivations and make the challenges and conditions of migration our own. Strengthened by this first sensitive comprehension, widening the focus, we project ourselves into post-civil war Spain, from Galicia to Catalonia: our contribution to reconstructing women's history, with the help of numerous women and men historians consists in identifying the specificity of each region involved: territories, people and their history, as human societies. Retracing the trajectory of Spanish and Galician women transcultured in Catalonia, sometimes to start again from zero, and show how, through their work, their determination to live better, their dynamism and their courage, they have not only been actresses of their personal migrating story, but have also contributed in a great measure to the modernization of the Spain, at the turn of the 1960s.