Emprunts récents à l'arabe dialectal algérien dans l'usage spontané des jeunes de l'Hexagone : approche phonétique, morphosyntaxique et sémantique

par Massinissa Tezkratt

Projet de thèse en Sciences du langage

Sous la direction de Pierre Patrick Haillet.

Thèses en préparation à Cergy Pontoise , dans le cadre de ED DSH - Droit et Sciences Humaines , en partenariat avec Lexique Dictionnaire et Informatique (laboratoire) depuis le 01-10-2010 .


  • Résumé

    Depuis une vingtaine d'années, le « langage des jeunes » constitue un objet d'étude qui intéresse les sociologues, les anthropologues et – bien évidemment – les linguistes. Cet usage particulier présente des propriétés spécifiques sur le plan de la prononciation, de l'intonation, du rythme, de l'organisation linéaire des énoncés, du lexique, etc. Parmi ces caractéristiques, celle sur laquelle je voudrais me focaliser dans le cadre de ma thèse de doctorat en sciences du langage est l'usage de termes issus de l'arabe dialectal algérien qui peuvent être considérés comme des emprunts en cours d'intégration au lexique français ; il s'agit d'entités telles que "zarma", "wech" ou "haggar", utilisés fréquemment par les jeunes locuteurs (tant arabophones que non-arabophones), sans pour autant figurer dans les dictionnaires non spécialisés du français contemporain. C'est par cette formule que je propose de définir, du moins provisoirement et en première approximation, la catégorie que j'appelle « emprunts récents à l'arabe dialectal algérien ». Ce projet de recherche s'inscrit dans la même perspective que mon mémoire de Master « Sciences du langage : lexique et discours en francophonie » (2008-2010), dans lequel j'ai entrepris de jeter les bases d'une approche hiérarchisée du terme zarma. Répertoriée par quelques ressources spécialisées (cf. Le dictionnaire de la zone, Lexik des cités, Wiktionnaire, etc.), cette entité lexicale est présentée comme susceptible d'être traduite en français par une vingtaine de séquences plus ou moins complexes, sans lien apparent entre elles (genre, comme si, prétendre que, je n'y crois pas…). Le but de mon mémoire de recherche était d'élaborer un modèle (d'inspiration polyphonique) susceptible de rendre compte à la fois de la variété des sens attestés de zarma et de son invariant sémantique ; je me suis également attaché à déterminer les facteurs qui favorisent la propagation de cet emprunt récent, et j'ai comparé son usage en France avec son usage en Algérie, en procédant à des enquêtes auprès de petits groupes de collégiens et de lycéens. En doctorat, je voudrais procéder d'une manière beaucoup plus systématique et commencer par recueillir un corpus informatisé à partir de forums de discussion et de titres de vidéos sur le site youtube.com, en recherchant des séquences en français contenant au moins un de ces emprunts récents à l'arabe dialectal algérien. Par ailleurs, parler d'emprunts revient à en décrire l'intégration phonologique dans la langue d'accueil, l'adaptation de la prononciation ainsi que les procédés graphiques permettant de transcrire les sons à l'aide des lettres de l'alphabet latin et des chiffres (essentiellement 3, 5, 7, 8 et 9). Sur le plan du sens, il s'agira de déterminer les glissements sémantiques qui accompagnent la propagation de l'emprunt dans la langue d'accueil, et de proposer là encore une modélisation apte à rendre compte de la diversité des acceptions relevées ; la démarche que je voudrais adopter s'inspire notamment de l'approche polyphonique des énoncés, issue des travaux de Ducrot et Anscombre et appliquée à comme si (Haillet 2009) ou encore à genre (Haillet 2010 à paraître).

  • Titre traduit

    Recent borrowing in Algerian dialectal Arabic in the unprompted use of the young persons of France: phonetic, morphosyntactic and semantic approach


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