La ligne à grande vitesse californienne : entre appropriation culturelle, ancrage territorial et restructuration urbaine

par Charlotte Ruggeri

Projet de thèse en Géographie

Sous la direction de Pierre Zembri.

Thèses en préparation à Cergy-Pontoise , dans le cadre de ED DSH - Droit et Sciences Humaines , en partenariat avec Mobilités, réseaux, territoires et environnements (laboratoire) depuis le 01-09-2011 .


  • Résumé

    Depuis le début des années 1990, l'état californien développe un projet ambitieux de ligne à grande vitesse entre Sacramento et San Diego, en passant par les deux principales métropoles de l'état qui sont San Francisco et Los Angeles. Piloté par une agence régionale depuis 1997, la California High-Speed Rail Authority (CAHSRA), ce projet a été redynamisé en 2010 par un discours du président Barack Obama promettant la construction de 13 corridors à grande vitesse aux Etats-Unis. Plusieurs de ces corridors ont déjà été abandonnés par les états concernés, notamment la Floride. La Californie résiste et a probablement le projet le plus avancé puisque les travaux devraient commencer en 2013. Si le projet a des chances de voir le jour dans un pays peu prompt à la construction de grandes infrastructures publiques de transport, cela est également dû à une volonté politique forte de la part du gouverneur Jerry Brown qui veut faire du train à grande vitesse un « héritage » à léguer aux générations futures. Ce projet de grande vitesse californienne, qui doit desservir 10 villes principales et dont les premiers tronçons seront inaugurés en 2022, nous permet de nous interroger sur les raisons et les conditions d'élaboration d'une telle infrastructure dans un pays où la grande vitesse est presque absente. Plusieurs axes de recherche sont identifiés et mettent en relation et en tension plusieurs échelles de territoires, d'acteurs, de discours et d'enjeux. Si le train à grande vitesse californien est construit autour d'un discours officiel prenant pour base les trois piliers du développement durable (économique, environnemental, social), une analyse plus fine révèle un discours plaçant les mobilités résidentielles, professionnelles et touristiques et leur évolution au c?ur du projet. On peut par ailleurs se demander quelle sera l'échelle des différents impacts spatiaux envisagés puisque le train à grande vitesse est conçu comme un réseau multiscalaire connectant et articulant différents réseaux à différentes échelles, de l'échelle internationale à l'échelle infraurbaine. Cela nous invite à analyser les impacts spatiaux que cette infrastructure pourrait avoir sur les territoires desservis puisque la création d'une nouvelle infrastructure de transport pose la question de la structuration, ou de la restructuration, des espaces qu'elle peut engendrer.

  • Titre traduit

    The high-speed rail in California : a new infrastructure for people, territories and urban redevelopment


  • Résumé

    California has decided to build a high speed rail network between Sacramento/San Francisco and San Diego, through Los Angeles. This research examines the impacts of the high speed rail project on cities, urban network and urban mobility practices. The high speed rail project is a new process in the United States which involve three scales of institutional structures and transportation networks (cities, counties and state). The high speed rail project is also a new transportation mode, unknown in California. The institutional process is as well new and reveals a complex game of powers, interests and spaces. Scales are also an issue for the transportation network: how to connect the urban, regional and national scales to a new transportation mode. At last, this research indicates that new rail stations are a way to renovate and rethink central neighborhoods in Californian cities.