La Mémoire héritée : Modes de représentation de la Shoah dans la fiction francophone contemporaine (France, Québec)

par Emilie Patrie (Duval)

Projet de thèse en Littérature française et comparée - Cergy

Sous la direction de Sylvie Brodziak et de Christiane Kegle.

Thèses en préparation à Cergy-Pontoise en cotutelle avec l'Université de Laval , dans le cadre de ED DSH - Droit et Sciences Humaines , en partenariat avec Centre de recherche textes et francophonie (laboratoire) depuis le 18-07-2011 .


  • Résumé

    Nous allons emprunter une nouvelle piste de recherche dans le domaine de la Mémoire de la Shoah. En effet, cette étude portera sur la question du renouvellement des représentations de cet événement sans précédent. Aujourd'hui, l'impératif pour la nouvelle génération est d'actualiser les diverses traductions du génocide pour assurer une perpétuation de la Mémoire. Représentation, traduction, fictionnalisation sont autant de termes qualifiant les énoncés factuels interprétés, euphémisés, métaphorisés, en somme littérarisés de cette période sombre de l'Histoire. Effectivement, ces énoncés historiques sont naturellement métamorphosés lorsqu'ils passent par le prisme de la littérature. Nous entendons donc par « représentation » la démarche qui consiste à transfigurer les faits, les transformer, les façonner dans le but de les rendre lisibles et intelligibles pour le récepteur. Arnaud Rykner, dans son chapitre « Holocauste et l'abject de la représentation », de son ouvrage Paroles perdues Faillite du langage et représentation, définit cette démarche transformative ainsi: « La représentation joue le rôle d'une trame posée sur son objet, et au travers de laquelle passe plus ou moins de réel brut », posant la question en ces termes : « quelle quantité et quelle qualité de réel se dépose dans la représentation ? » en effet, quelle est la proportion de brut que l'on retrouve dans la représentation et quelle est sa véracité historique et sa valeur littéraire ? Si l'Histoire interprète les faits réels, la littérature les raconte. Aujourd'hui, la fiction apparaît comme le genre littéraire qui semble le plus approprié pour repenser l'événement historique sous de nouveaux modes narratifs et ainsi s'immiscer dans le cercle privé de la vie. Catherine Dana l'explique d'ailleurs dans son ouvrage Fiction pour mémoire : Camus, Pérec et l'écriture de la Shoah : « la fiction, fictionnalisant l'événement historique, le donne à être pensé ou repensé .» Soit, pensé pour être transmis, repensé pour être retransmis à l'infini. Par un travail stylistique, l'écrivain met donc en place un « espace commémoratif » novateur. Or, ce n'est peut-être pas un hasard si nous observons depuis quelques années un regain de productions littéraires, principalement fictives , sur le sujet. A l'échelle internationale, de nouveaux « auteurs-officiants », s'emparent de l'événement et l'actualisent en proposant des représentations subjectives et originales du génocide. Dans une large mesure, la nouvelle génération des écrivains de la Shoah choisissent leur thème soit par détermination littéraire soit, pour une petite partie d'entre eux, parce qu'ils se considèrent héritiers et passeurs, subissant la contrainte d'un lourd passé familial. L'objectif de l'étude sera donc d'aborder un nombre de textes caractéristiques du renouvellement des modes de représentation de la mémoire de la Shoah en Europe et en Amérique du nord, afin d'en mieux cerner les enjeux littéraires et transgénérationnels.

  • Titre traduit

    The inheritance of Holocaust's memory : representations in the contemporary fiction in France and Quebec


  • Résumé

    We notice an impact, an influence of the France History on the literature. For example, we find various themes in novels due to the modern wars. Indeed, the narrative's creation respects the transformation of the society. We can ask the question if the literature doesn't want put into the narrative's form its own death. To illustrate our argumentation, we chose testimonies of Holocaust, fictions contemporay. This corpus is representative of the depression and the pessimism of France after the war. In reality, an apocalyptic narrative, a dramatic art of the end, is the mirror of a society, and a constantly evolving literature, which was born, dies and was reborn.