La politique méditerranéenne de l'Algérie

par Karim Benmahdi

Projet de thèse en Sciences politiques

Sous la direction de Jean-paul Chagnollaud.

Thèses en préparation à Cergy Pontoise , dans le cadre de ED DSH - Droit et Sciences Humaines , en partenariat avec Laboratoires d'études juridiques et politiques (laboratoire) depuis le 01-12-2009 .


  • Résumé

    Depuis son indépendance, le 5 juillet 1962, l'Algérie est devenu un protagoniste influent de la scène internationale. Face à des problématiques sociales lourdes, le pays a su élaborer des politiques crédibles véhiculant l'image d'un partenaire économique important. Malgré une situation interne troublée , l'Algérie a développé un jeu diplomatique pragmatique lui donnant tout son poids sur la scène internationale. Le pays s'est métamorphosé en jeune nation qui cherche à dépasser les conflits anciens et récents. Mais le patriotisme algérien évitera-t-il de se transformer en un nationalisme hostile à des ouvertures nécessaires, ce qui ouvrirait la voie à des conflits dangereux, avec le voisin marocain par exemple ? La diplomatie pragmatique de l'Algérie fut dirigée par Abdelaziz Bouteflika. Le jeune moujahid, devenu le ministre des affaires étrangères a mené une diplomatie très active qui s'est imposée progressivement aux Nation-Unies (ONU), dans le monde arabe, ou en Afrique. Cependant, depuis 1992, les succès diplomatiques de l'Algérie dans la rive sud de la Méditerranée ont subi un coup d'arrêt. Le pays devait faire face à des événements de grande violence opposant le pouvoir en place à une nébuleuse de groupes armés. L'Algérie chaotique et incertaine devrait régler les difficultés structurelles qu'elle rencontre au plan interne si elle veut disposer d'une réelle capacité d'action internationale. Après vingt ans d'absence (1979-1999), Abdelaziz Bouteflika revient sur la scène politique algérienne. Il est élu en avril 1999 président de la République. Dés le début de son mandat, le nouveau président s'est fixé un pari : replacer l'Algérie sur la scène internationale. C'était l'un des objectifs majeurs de Bouteflika dés son arrivé au pouvoir. Pour réaliser cet objectif, l'Algérie possède de réels atouts qui lui permettent de se positionner comme un acteur incontournable dans la région du Sud de la Méditerranée. Bouteflika qui devait restaurer le prestige algérien a été aidé par le bouleversement de la perception de la communauté internationale de la réalité du terrorisme qui a frappé le pays, suite aux attentats du 11 septembre 2001, mais aussi par la remontée des cours du pétrole depuis le début des années 2000. L'Algérie a plus d'un atout pour retrouver sa place sur la scène internationale et se positionner comme un réel concurrent de l'Egypte et de l'Arabie Saoudite sur la scène arabe : 1- Le premier atout réside dans sa relation avec l'Iran. Dans le conflit du Proche-Orient, Téhéran, grâce à ses liens avec le Hamas, constitue l'une des clés de la solution. L'Algérie est le plus grand pays arabe à pouvoir assurer une médiation avec l'Iran. L'Arabie Saoudite et l'Egypte – qui entretiennent des relations difficiles voire conflictuelle avec l'Iran, et la Syrie – directement concernée par le conflit actuel, ne sont pas en bonne position pour jouer les médiateurs. 2- L'Algérie est également écoutée par les Palestiniens, notamment ceux du Hamas. Ils apprécient son soutien permanent et surtout son refus d'établir des relations diplomatiques ou même des contacts avec Israël. 3- L'autre atout de l'Algérie est sa présence au sein de l'Union Pour la Méditerranée, qui compte également Israël ; Sarkozy tient beaucoup à la réussite de ce projet et le retrait de l'Algérie constituerait une réelle menace pour atteindre cet objectif. 4- Enfin, l'Algérie, en tant que pays pétrolier, pourrait utiliser sa position au sein de l'OPEP pour au moins faire entendre sa voix. Sur le plan économique, le pays sort de la spirale de l'endettement grâce à la manne des hydrocarbures. L'explosion des prix du pétrole et la bonne trésorerie rendront le pays davantage fréquentable ou plutôt intéressant. Malgré les atouts dont dispose l'Algérie, la tâche de Bouteflika n'était pas simple. Elu en 1999 pour réformer l'économie et réhabiliter l'image du pays à l'étranger, il devait restaurer la paix intérieure en améliorant le quotidien des Algériens. La situation économique et sociale de l'Algérie pourrait avoir un effet néfaste sur l'action internationale du président, qui reste encore peu efficace selon beaucoup d'observateurs. L'objectif de mon travail n'est pas de fournir la solution ou la méthode à la diplomatie algérienne dans le bassin méditerranéen aujourd'hui, mais il vise à apporter une réponse qui aiderait à comprendre les atouts et les handicaps de la politique méditerranéenne de l'Algérie. Pour cela je pose la problématique suivante : L'Algérie jouera-t-elle un rôle important dans la rive sud de la Méditerranée, et à quelles conditions l'Algérie sera un médiateur incontournable dans la stabilité de la région ? Afin de mener à bien ce travail, je voudrais l'articuler en deux parties : Dans un premier temps, il est nécessaire de rappeler la politique méditerranéenne de l'Algérie durant les années 90's, car toute politique étrangère dans un espace de temps est tributaire du contexte interne du pays. La diplomatie algérienne durant cette décennie s'est caractérisée par une passivité inouïe qui a poussé le pays à l'isolement. Les tensions avec les voisins et les partenaires historiques de l'Algérie ont affecté inéluctablement l'image du pays à l'étranger. Dans la première partie, il est intéressant de revenir sur les signes du déclin de la diplomatie algérienne et sur la raisons qui ont fait de l'Algérie le maillon faible de la coopération méditerranéenne durant toute cette décennie. Dans un deuxième temps, il est important de faire un survol des tentatives du président Bouteflika de restaurer l'image du pays. Dans cette partie, je traite des atouts qui ont redonné au pays une crédibilité aux yeux de ses partenaires. Un élément révélateur de la nouvelle image du pays est celui de l'aisance financière qui constitue un excellent argument pour convaincre les investisseurs étrangers et rassurer les partenaires économiques de l'Algérie. Dans la deuxième partie aussi, je m'interroge sur les enjeux de la diplomatie algérienne dans la région méditerranéenne et son rôle dans la stabilité de la rive sud.

  • Titre traduit

    Algérian mediterranean policy


  • Pas de résumé disponible.