La position officielle française sur la question libyenne de 1943 à 1952

par Abdelnaser Ashtiewi

Projet de thèse en Histoire

Sous la direction de Eric Vial.

Thèses en préparation à Cergy-Pontoise , dans le cadre de ED DSH - Droit et Sciences Humaines , en partenariat avec Civilisations et identités culturelles comparée des sociétés européennes et occidentales (laboratoire) depuis le 28-11-2012 .


  • Résumé

    Né et grandi dans le dénuement total de l'histoire politique de la Libye, et ce, du fait du régime autoritaire du colonel Mouammar Al Kadhafi qui refusait toute référence au passé de la vie politique antérieure à son avènement au pouvoir. Cependant, depuis mon arrivée en France depuis deux ans, m'a permis de découvrir ce qua été la vie politique en Libye à l'époque coloniale. En effet, en plongeant dans les différentes archives de la place, on peut je me suis rendu compte combien l'histoire politique de la Libye était riche en rebondissement. Effectivement, depuis la formation des vagues migratoires qui ont caractérisées l'histoire de la population actuelle de la future Libye, le territoire n'a cessé d'être l'objet de convoitises extérieures, et ce, depuis l'Antiquité à commencer par les Arabes Berbères, en passant par les phéniciens, les Grecs, les Romains voire les Égyptiens. Et plus proche de nous, les Ottomans qui auront une grande présence sur le sol libyen avec là aussi, des phases mouvementées telles la période des Caramanlis une famille turque qui va s'insurger contre Istanbul et prendre le pouvoir à son propre profit pendant plus d'un siècle, avant le retour de la Turquie elle-même qui se ferra chasser l'Italie en 1911. L'Italie ou le cauchemar du peuple libyen, en une trentaine d'années de présence coloniale seulement, présence coloniale qui prendre finalement fin en 1943 avec la défaite italienne au cours des batailles de la Seconde Guerre mondiale. En effet, après une domination sanglante de l'Italie en Libyen, de 1911 à 1943, c'est aux côtés des Libyens décidés à chasser cette puissance colonisatrice d'une répression 2 tout à fait sans précédent, que les armées des Alliés pénètrent le sol libyen en 1943. Ce qui devait être une simple libération des Alliés, va elle aussi se transformer en une occupation coloniale partagée par deux grandes Puissances occidentales à savoir la Grande-Bretagne et la France. Avec la première dans les régions de Cyrénaïque et en Tripolitaine et la seconde puissance au Fezzan. Face à cette nouvelle invasion qui n'était pas au programme des accords conclus entre ces puissances et les représentants libyens en 1941, les libyens entendent vraiment mener une opposition peut être pas armée comme par le passé avec les autres occupants, mais une opposition basée sur le territoire civique et politique, d'où la naissance des différents mouvements à caractère politique qui vont se développer au tournant des années 1940 et conduire le mouvement d'émancipation qui aboutira en janvier 1952. En effet, après la libération de la Libye par les forces alliées, les Anglais s'étaient montrés un peu plus enclins aux libertés d'opinion et politiques, c'est dans cette optique, qu'ils vont permettre la création des clubs littéraires et culturels qui deviendront plus des mouvements politiques, véritables armes sur lesquelles vont s'appuyer les leaders libyens pour revendiquer ou conduire le mouvement d'émancipation dont le plus actif des leaders reste sans conteste Béchir Bey Saadaoui Cette période qui s'étale de 1943 à 1952, c'est-à-dire date de l'entrée des forces alliées en Libye et celle de l'indépendance du nouvel Etat, est jonchée Evénements politiques intérieurs et internationaux qui affectent directement la Libye. Et parmi ces événements qui alimentent la vie politique en Libye il y a d'abord le renforcement accru de l'activité des mouvements politiques qui empoisonnent d'une certaine manière la vie des Anglais et des Français, ces actions sont des fois suivies d'événements dramatiques comme les ratonnades organisées par les jeunes arabes à l'encontre des juifs de novembre 1945 qui vont occasionner des morts côté juif et d'immenses dégâts matériels évalués en plusieurs milliers livres à l'époque. Ces événements qui affectent notamment les régions administrées par les Anglais, sont en grande observés les autorités françaises à travers leur représentation consulaire établie en Tripolitaine. Ma préoccupation est celle de savoir quelle est la position officielle du gouvernement français face à tous ces événements qui agitent la vie politique libyenne ? Comment les Français jugent, analysent-ils la gestion de la 3 situation par les Anglais en Cyrénaïque et en Tripolitaine, quand bien même la situation n'est guère reluisante de leur côté au Fezzan ? Et selon quelques sources concoctées aux archives du ministère des Affaires Etrangères, les Anglais étaient les principaux instigateurs de ces troubles populaires, selon les correspondances du consul français à Tripoli, ces manoeuvres visaient à maintenir leur présence sur les territoires dont ils avaient le contrôle et trouver ainsi à la communauté nationale et internationale de l'immaturité politique du peuple libyen à prendre en charge son destin. Une fois le conflit terminé, et il faut noter que pendant ce dernier se poursuivait, les autorités qui avaient pris le pouvoir à la suite de Mussolini, s'étaient rangées du côté des Alliés, ce qui après 1945, change le positionnement de certains Alliés vis-à-vis de l'Italie, et cette dernière réclame son retour dans ses anciens colonies notamment en Libye. Une question qui soulève moult agitations non seulement du côté libyen aidé en cela par la ligue des pays arabes, mais suscite aussi tant d'interrogations au sein même des grandes puissances. Effectivement, la communauté internationale menée par les deux Grandes Puissances nées de la Seconde Guerre mondiale les USA et l'URSS, hostiles à toute formes de puissance coloniale, voient très mal le retour de l'Italie en Libye, retour qui pérenniserait l'hégémonie européenne sur la scène internationale, dont elles avaient elles-mêmes besoin de contrôler. Cette questions ferra l'objet des débats au niveau des Nations Unies, à travers le projet commun italo- anglais appelé Bevin-Sforza de mai 1949. Ce projet, avait donc pour but de ramener l'Italie peut être pas à prendre le contrôle de toute la Libye, mais de la Tripolitaine seulement. Le général de Gaulle aura pour la question du retour de l'Italie en Libye un positionnement ambigu, dans un premier temps opposé, dans un second temps, favorable au retour en Libye des Italiens. Il n'en demeure pas moins vrai que les débats sont très houleux au niveau des Nations Unies, débats qui aboutissent au vote in extrémiste grâce à la voix du délégué haïtien, qui fait échouer le projet italo-britannique. Cet échec qui est avant celui de la diplomatie britannique, emmène ce pays à proclamer contre toute attente, en juin 1949, l'indépendance de la Cyrénaïque, aussi 4 l'on peut se demander quelle a été la réaction ou position française face à un tel geste, la France sans probablement condamner ouvertement, prévoyait-elle un acte au Fezzan qu'elle contrôlait ? Dans la continuité de la lutte pour l'indépendance menée par les leaders libyens, les Nations Unies accèdent à la revendication de ces derniers, en votant la date de l'indépendance du pays pour le 01 janvier 1952. Au regard de ce qui précède, comment la France va-t-elle vivre cette situation qui peut avoir un effet domino sur la région lorsque l'on sait que la Libye est voisine à la Tunisie, l'Algérie, le Niger, le et Tchad, territoires sous l'emprise de la France? La nombreuse littérature des archives du ministère des Affaires de la Cour Neuve, peut nous permettre d'avoir les éléments de réponse mais aussi pour une bonne complémentarité de l'information, voir du côté des Anglais et autres Italiens comment est perçu la position française au cours de cette période charnière de la vie politique libyenne. Ce sujet comme tous les autres, n'est pas immuables, il est appelé à évoluer avec une problématique plus recadrée, et ce, pour parvenir un meilleur résultat historique voire scientifique.

  • Titre traduit

    The French official position on the Libyan issue 1943-1952


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