Lire la nature dans Arcadia de Sir Philip Sidney : une esthétique du détail

par Andy Auckbur

Projet de thèse en Lettres et Sciences Humaines - SHS


Sous la direction de Christine Sukic.

Thèses en préparation à Reims , dans le cadre de Ecole Doctorale Sciences de l'Homme et de la Société , en partenariat avec (CIRLEP) Centre Interdisciplinaire de Recherches sur les Langues Et la Pensée (laboratoire) depuis le 19-01-2011 .


  • Résumé

    Aujourd'hui encore, l'Arcadie est lieu mythique, un mot-clé du bonheur qui évoque l'image d'un monde vert et harmonieux où des bergers-poètes jouent du pipeau au bord d'une source ombragée. The Countess of Pembroke's Arcadia, titre complet du chef d'œuvre de Philip Sidney, joue sur le souvenir de ce lieu idéal dont la représentation est liée à la tradition pastorale. En effet, on doit à Virgile cette transformation. Cependant, dans les Bucoliques, la nature fait l'objet de petites esquisses et relève d'un art de la concision. Le titre de l'œuvre de Sidney est cependant trompeur car l'œuvre, notamment dans sa version révisée, joue sur l'alternance des modes d'expressions et alterne pastorale et récit héroïque. Comme dans les épopées, la nature est donc parfois menaçante et hostile. L'intérêt principal de l'œuvre réside néanmoins dans sa capacité à représenter la littérature et l'univers livresque. Le texte nous offre une réelle plongée dans le patrimoine littéraire européen dont les récits meublent l'esprit de Sidney. Arcadia est donc un livre qui nous parle d'autres livres, une œuvre d'art qui nous parle d'art. En effet, le texte fait appel à des images issues de l'orfèvrerie, de la peinture, de la sculpture, et de l'art des jardins dont les développements à l'époque de l'auteur subissent l'influence du maniérisme, un mouvement européen dans lequel Sidney a su prendre une place singulière.

  • Titre traduit

    Reading nature in Sir Philip Sidney's Arcadia : an aestetics of the detail


  • Résumé

    Arcadia has a special place among the key words of happiness. It evokes an ideal green world where shepherds are poets. The ideal Arcadian landscape is a locus amoenus where shepherds may sit in the shade of a tree, or next to a brook, and sing eclogues or play the pipe. The full title of Sidney's masterpiece, The Countess of Pembroke's Arcadia, refers to this representation of an ideal and harmonious nature which derives from the pastoral literary tradition. Indeed, Virgil's pastoral works have contributed to this transformation of Arcadia. However, in the Bucolics, nature appears in concise sketches which illustrate an art of brevity. Moreover, the title of Sidney's work is misleading as the text alternates between two modes of expression, the pastoral and the heroic. The revised version of the text even accentuates the heroic dimension of the narrative and contains descriptions of a hostile and threatening nature which draw on the epic tradition. Nevertheless, the main interest of Sidney's work lies in its capacity to represent literature as well as a material culture centred on the book as an object. The text allows us to immerse ourselves in the European literary heritage whose narratives haunt the mind of Sidney. Arcadia is a book about books, it is an artwork about artworks. Indeed, the text evokes jewel making, painting, sculpture and garden design. In the time of Sidney, all these art forms were exposed to the influence of Mannerism, a European movement to which Sidney has contributed in a personal manner.