Les mobilisations partisanes et les stratégies de conquête du pouvoir au Bénin

par Jean-claude Kpoton

Thèse de doctorat en Science Politique

Sous la direction de Paul Allies et de Théodore Holo.

Thèses en préparation à Montpellier 1 en cotutelle avec l'Université du Bénin , dans le cadre de École doctorale Droit et science politique (Montpellier ; 2010-2014) , en partenariat avec CEPEL - Centre d'Etudes Politiques de l'Europe Latine (laboratoire) depuis le 24-01-2008 .


  • Résumé

    Le retour de l’Afrique subsaharienne au pluralisme, consécutif à la fin du communisme organisé a en effet permis de renouveler certains questionnements fondamentaux en science politique. Dans le contexte des évolutions politiques et institutionnelles observables sur le sous-continent, le Bénin est apparu dès 1990 comme un cas d’école. Pourtant, la recherche africaniste jusqu’ici s’est plutôt attardée à étudier ce "modèle béninois", à décrire l’occurrence de cette transition démocratique, les chances de sa consolidation, tout en excluant à tort ou à raison les partis et les mobilisations électorales. Après avoir abondamment disserté sur l’Etat et ses fondements, les systèmes politiques, la résistance des sociétés et les Institutions (ces objets traditionnellement privilégiés), puis le passage à la démocratie, les recherches empiriques sur les organisations politiques s’imposent dès à présent. C’est leur « oubli » injustifié qui nous incite à explorer la question du phénomène partisan comme site d’analyse réactualisé des transformations du politique. Ceci étant, comment pourrait-on aborder la problématique des dynamiques électorales au Bénin, le précurseur du mouvement de démocratisation en Afrique au début des années 1990 ? Dans quelle mesure les outils de la science politique nous permettent-ils d’analyser la structure partisane dans cette trajectoire singulière ? Peut-on véritablement y appréhender le système de partis avec les mêmes concepts et paradigmes forgés pour rendre compte de cette réalité en Occident ? Quid des motivations, coups tactiques et répertoires d’action stratégiques mis en œuvre par les acteurs dans la conquête du pouvoir politique ? Il nous appartiendra ici de produire une sociologie fine des itinéraires socioprofessionnels qui préexistent à l’irruption des leaders (de partis) en politique. Cette réintroduction de la variable élitiste dans l’analyse permettra de saisir le politique béninois dans toutes ses caractéristiques (ressources, propriétés sociales et modes de fonctionnement) et les conditions d’émergence paradoxales des dispositifs formels de la démocratie représentative.

  • Titre traduit

    The Mobilization of Partisans and the Strategies of Conquering Power in Benin


  • Résumé

    The consecutive return of sub-Saharan Africa to pluralism at the end of organised Communism Indeed has encouraged the renewal of fundamental questions in political science. In the context of political and institutional changes taking place on the sub-continent, Benin has appeared as far back as the 1990 as an exceptional case. In spite of this, the Africanist research has up till now rather neglected to study this “Beninois model”, to describe the accomplishment of this democratic transition, the chances of its consolidation, which exclude, rightly or wrongly, political parties and electoral mobilizations. Following abundant writings on State and its foundations, political systems, the resistance of societies and institutions (subject traditionally favoured), as well as conversion to democratic rule, hence presently empirical researches must focus on political organisation. It is indeed their unjustified “omission” that incites us to explore the question of the partisan phenomenal as the base of actualized analyses of political transformation. Thus, how should the problematic of electoral dynamics in Benin, the precursor of democratic process in the 1990s, be approached? To what extent can the tools of political science allow us to analyse the partisans’ structure of that singular trajectory? Is it judicious to apprehend the party system in Benin with the same concepts and paradigms forged in the western world to comprehend this reality? What of motivations, tactical moves and inventories of strategic actions employed by actors in the quest for political power? It is our duty to produce a thorough sociology of the socio-professional itineraries preexisting to the eruption of leaders (parties’ leaders) in politic. This reintroduction of the elitist variable in the analyses will enhance the understanding of all characteristic of the Beninois politic (resources, social properties and mode of functioning) and the paradoxical emergence of formal system of representative democracy.