Gouverner l'humanitaire : une sociologie politique du monde des acteurs de l’aide en Haïti (2010-2016)

par Jan Worlein

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Élisabeth Claverie.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Economie, organisations, société (Nanterre) , en partenariat avec Institut des sciences sociales du politique (Nanterre ; Cachan, Val-de-Marne) (laboratoire) depuis le 10-04-2013 .


  • Résumé

    Cette thèse est le résultat d’une enquête documentaire et ethnographique prenant pour objet les acteurs du système de l’aide internationale en Haïti entre 2010 et 2016 ainsi que leurs interactions structurées dans l’objectif de faire une sociologie politique de la gestion des crises dans ce pays. L’enquête montre notamment que la multiplication et l’enchevêtrement des domaines de spécialisation de ces acteurs a produit une « bureaucratie de l’urgence » parallèle à l’État haïtien, ce qui entraîne des superpositions et des incohérences dans la gestion et la prévention des crises. Je présente le travail de cette bureaucratie pour gouverner l’humanitaire comme un art de gouvernement. L’apport principal de cette thèse est de montrer que cet art de gouvernement s’exerce tant sur les humanitaires eux-mêmes que sur les bénéficiaires de l’aide, bien que de manières différentes.

  • Titre traduit

    Governing humanitarian aid : a political sociology of aid workers in Haiti (2010-2016)


  • Résumé

    This PhD-thesis is an ethnographic study of the actors of the aid system and of their interactions within the humanitarian system in Haïti between 2010 and 2016. It is also a work based on the documentary review of the more global humanitarian reform dynamics, Haïti being a test zone for these dynamics. The objective of this dissertation is to make a political sociology of crisis management in this country. My study especially shows that the emergence of many juxtaposed sectors of specialization among these actors has led to the creation of a “bureaucracy of emergency management”, which works as a parallel governing force, away from the Haitian state, and thus leads to inconsistencies in crisis management and prevention. I analyze the work done by this bureaucracy to govern the humanitarian world as an art of government. My major argument here is to show that this art of government weighs on humanitarian actors as much as on aid beneficiaries, although in differing ways.