L’image de l’homme à la peau foncée dans le monde romain antique.

par Micahel Diatta

Projet de thèse en Langues anciennes

Sous la direction de Jean-yves Guillaumin.

Thèses en préparation à Besançon , dans le cadre de ED 38 - Langage, espace, temps, société depuis le 01-10-2012 .


  • Résumé

    Par sa différence et par sa similitude, l’homme à la peau foncée interpelle les anciens qui, dès les savants grecs, ont voulu trouver des raisons géographiques et climatiques, c’est-à-dire ‘scientifiques’, à son altérité. De l’étonnement qui jaillit de la contemplation de cette altérité, on étudiera les conséquences en différents domaines. On s’appuiera pour cela sur les textes littéraires, historiques et philosophiques latins, considérés dans un éventail chronologique large (du IIe s. av. J.-C. au Ve s. ap. J.-C.), sans s’interdire le cas échéant la comparaison avec les référents grecs. On interrogera le jeu dialectique de la xénophobie (Juvénal) et du cosmopolitisme (Sénèque), en ayant recours à l’analyse du discours pour définir les comportements des hommes de l’Antiquité à l’égard des hommes à la peau foncée. Le travail s’appuiera donc sur une démarche lexicologique, avec l’étude des mots latins de couleur et de leurs connotations, pour mener une enquête sur les interactions entre l’évocation de la couleur de peau « autre » et les concepts sociaux, philosophiques, religieux du monde romain antique. On se demandera quels sont les hommes à la peau foncée avec lesquels les Romains ont été en contact, qui sont venus dans la Ville, et quelle place ils y ont tenue, restreinte entre quelles limites et vouée à quelles fonctions, avec quel impact sur leur nouvel environnement — et sur eux-mêmes. On sollicitera aussi, pour cela, la documentation iconographique et épigraphique. On explorera le domaine de la littérature patristique, dans laquelle l’homme à la peau foncée occupe une certaine place, et l’on cherchera à caractériser la dimension symbolique qu’il acquiert chez les premiers écrivains chrétiens. On convoquera de manière critique les apports des spécialistes précédents de la question (F. M. Snowden Jr, C. A. Diop, L. S. Senghor, Th. Obenga), en tenant compte de la difficulté qu’éprouvent des modernes à s’abstraire de leur propre univers culturel, conceptuel et intellectuel pour tenter une réécriture de l’histoire de l’homme noir à travers ces réalités du contact entre gens à la couleur de peau différente dans le monde romain de l’Antiquité.


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