Organisation spatiale des agglomérations à la fin de l'âge du Fer dans le Massif Armoricain : les sites de Kergolvez à Quimper (Finistère) et de Moulay (Mayenne).

par Elven Le Goff

Projet de thèse en Histoire

Sous la direction de Stephan Fichtl.

Thèses en préparation à Tours , dans le cadre de Sciences de l'Homme et de la Société depuis le 24-01-2013 .


  • Résumé

    Par manque de références, les régions atlantiques du Nord-Ouest de la Gaule sont longtemps restées à l’écart de la recherche sur le sujet des agglomérations de la fin du Second âge du Fer, phénomène qui touche l’ensemble de l’Europe celtique. Des découvertes d’importance, réalisées au cours de cette dernière décennie, permettent désormais d’aborder localement la question de leur morphologie, de leur organisation spatiale, de leur fonction (simple ou multiple) et de leur développement. Les données nouvelles proviennent principalement de deux fouilles menées dans le cadre d’opérations archéologiques préventives sur les sites de Kergolvez à Quimper (Finistère) et de Moulay (Mayenne). La nature des aménagements routiers ayant généré les travaux archéologiques a permis d’étudier ces deux entités sur une vaste emprise, révélant une image inédite de l’organisation interne des occupations au sein de transects de 3,5 ha et 10,5 ha (soit pour le cas du site de Kergolvez 25 % de sa surface globale et 8 % de celle du site de Moulay). D’une emprise globale probablement proche de 14 ha, l’agglomération gauloise de Kergolvez est installée au fond d’une large vallée, sur d’anciennes terrasses alluviales. Le cœur du site se développe à l’intérieur d’un espace délimité par la rivière du Stéïr, dont le tracé dessine à cet endroit un vaste méandre. L’occupation s’étend cependant également sur la rive opposée et s’ouvre sur la campagne laténienne. Une voie de circulation et un système de franchissement du cours d’eau relie les deux rives et les deux zones opposées de l’agglomération. Le site de Moulay est pour sa part installé sur les hauteurs d’un promontoire rocheux à la confluence de deux cours d’eau. L'éperon est naturellement défendu par les vallées encaissées des deux rivières, présentant des falaises qui peuvent dépasser une hauteur de 20 m. Il est en revanche largement ouvert vers le nord-est. Sur ce côté, un rempart massif clôt sur près de 380 m un premier espace restreint de 12 hectares. Identifié en 2004 lors du diagnostic préalable à la fouille, un second système défensif de 1200 m de longueur ferme l’occupation 1000 m plus en amont et délimite une enceinte périphérique étendue. Le site correspond ainsi à une vaste agglomération fortifiée d’une superficie de 135 ha, chef-lieu vraisemblable de la cité des Aulerques Diablintes. Il s’apparente à ce que l’on qualifie habituellement d’oppidum. L’objectif de ce projet de recherche s’attachera à comparer les vestiges identifiés sur chacune des agglomérations. L’analyse des types d’aménagements et des types de mobiliers s’appuiera sur une grille de lecture commune, seule à même de permettre la mise en évidence d’éléments convergents ou divergents. La caractérisation des activités représentées (artisanales, domestiques, cultuelles …) et de la structuration des occupations débouchera sur une réflexion sur le degré et les formes d’urbanisation rencontrées. La mise en perspective des résultats de la recherche avec ceux des exemples étudiés en Gaule et en Europe tempérée contribuera à préciser comment ces agglomérations gauloises du Massif armoricain s’intègrent, chronologiquement et morphologiquement, dans le contexte général du monde celtique.


  • Pas de résumé disponible.