Archives et gouvernance des les îles du Sud-Ouest de l'océan indien 1880-2011 entre colonialismes et indépendances

par Charly Jollivet

Thèse de doctorat en Histoire et civilisations : histoire des mondes modernes, histoire du monde contemporain, de l'art

Sous la direction de Patrice Marcilloux.

Thèses en préparation à Angers , dans le cadre de École doctorale Sociétés, Cultures, Echanges (SCE) (Angers) depuis le 24-11-2010 .


  • Résumé

    Entre 1960 et 1975, à la faveur du processus de décolonisation, deux pays indépendants et un territoire resté français succèdent à l’ancienne colonie de Madagascar. La question de l’évolution des systèmes archivistiques dans cette zone, de leur éventuelle diversification et de leur actuel degré de maturité, est posée dans ce contexte. À Madagascar, aux Comores comme à Mayotte, de louables intentions en faveur des archives peinent à se concrétiser, notamment faute de crédits et de stabilité politique. Les appareils archivistiques échouent à préserver toutes les archives et la collecte porte principalement sur le central au détriment du local. Un public existe mais il demeure majoritairement composé de personnels administratifs et de particuliers dont le besoin documentaire se borne souvent à la consultation du Journal officiel. La réussite d’autres types de recherches se heurte à l’éparpillement des fonds et au manque d’outils de recherche. L’observation des logiques d’usage confirme la surreprésentation des usages administratifs, la faiblesse de la sollicitation généalogique et l’existence de stratégies de contournements des organismes de conservation officiels. À côté d’eux ou hors d’eux, des initiatives privées de sauvegarde et valorisation des archives existent. Elles prouvent l’intérêt qu’y porte une partie de la population, y compris expatriée. Au-delà de ces traits communs, trois destins archivistiques se distinguent : un système malgache encore en construction reposant sur des Archives nationales déjà fortes ; une normalisation progressive à Mayotte sur un modèle départemental ; la faillite du modèle comorien qui bloque tout développement archivistique.


  • Résumé

    Between 1960 and 1975, thanks to the decolonization process, two independent countries and one remaining French territory succeeded the former colony of Madagascar. The question of the evolution of the archival systems in this area, their potential diversification as well as their current maturity, is raised in this context. In Madagascar, in the Comoros as in Mayotte, the creation of archives has not materialized yet and still remains a commendable intention, which results from a lack of funding and because of political instability. Archival organizations fail to preserve all archives and collection focuses on the central level at the expense of the local one. A demand for them exists, but those who show an interest are largely composed of administrative staff and individuals whose documentary needs are often limited to consulting the Official Journal. The success of other research approaches is limited because of the scattering of funds and lack of research tools. Observations of user behaviors confirm the overrepresentation of administrative staff, the weak genealogical research and the existence of circumvention strategies of official conservation organizations. Beside them or out of them, private initiatives of backup and valorization of archives exist. They prove that a part of the population is interested in it, including expatriates. Beyond these common features, three archival destinies stand out: a Madagascan system still under construction based on already strong National Archives; a gradual normalization in Mayotte on a departmental model; the failure of the Comorian model which hampers all archival development.