L'archéologie en pratique : politiques patrimoniales, circulation du savoir scientifique et mise en présence du passé : le cas d'un chantier de fouille en France (Seine-et-Marne)

par Gwendoline Torterat

Projet de thèse en Anthropologie

Sous la direction de Albert Piette.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent (Nanterre) depuis le 11-12-2012 .


  • Résumé

    Dans le cadre de ma thèse, je travaille sur les « façons de faire » de l'archéologie. Pour observer et décrire le processus de construction de cette fabrique scientifique, j'interroge les pratiques actuelles des préhistoriens sur leur chantier de fouille. A travers eux, leur terrain de recherche, leurs objets d'étude, je tente de construire ma propre pratique de l'anthropologie, au prisme d'une approche parfois hybride. En même temps que se construit l'objet de ma propre recherche, mes interlocuteurs construisent le leur. C'est grâce à cette élaboration commune et partagée qu'une ethnographie multi-située est privilégiée à partir du chantier de fouille qui constitue le noyau empirique de ma démarche. Le « terrain archéologique », en tant que laboratoire de plein air, est un espace collectif en soi et pour soi. Il donne un cadre au travail de recherche mené. Une grande partie des missions scientifiques de l'archéologue débute lorsque les premiers sondages ont lieu, in situ : développement et production de connaissances, formation par et pour la recherche et diffusion de l'information scientifique et technique. Je travaille avec les opérateurs de patrimonialisation qui œuvrent, sur le chantier de fouille et en dehors, pour une meilleure compréhension des périodes préhistoriques : chercheurs, étudiants, amateurs, salariés, aménageurs, politiques etc. A travers un chantier archéologique situé en Seine-et-Marne, j'entends observer et décrire une science humaine en train de se faire. Ce chantier initie une ethnographie quotidienne, aussi saisonnière que les campagnes de fouille successives qui l'encadrent. En réalité, il me pousse progressivement bien au-delà de ses propres limites physiques. Je suis amenée à suivre le travail de post-fouille et le traitement des vestiges avant leur étude, les communications faites autour du site par les spécialistes travaillant sur le matériel, la manipulation informatique des données etc. Je tente aussi de comprendre l'action de différentes entités institutionnelles qui œuvrent à l'aménagement du site, son financement, sa diffusion etc. Il s'agit finalement de comprendre les relations tissées entre tous ces acteurs et d'éclairer du mieux que possible la fabrique contemporaine de l'archéologie programmée.


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