L'ascension sociale d'une famille de maîtres de forges protestants en Périgord. XVIe - XVIIIe siècles : les Rey.

par Marion Decoudun

Projet de thèse en Histoire moderne et contemporaine

Sous la direction de Laurent Coste.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités depuis le 28-11-2012 .


  • Résumé

    Cette étude repose sur un important fonds d'archives privées, et sur les archives publiques régionales et nationales. Le premier personnage identifié de la famille Rey est marchand au Bugue. Il serait devenu protestant vers 1563. En 1580, il achète une partie d'un office de la sénéchaussée de Toulouse, il veille aussi à se constituer un patrimoine foncier. Il teste en 1590. Son fils, autre Jean, épouse en 1595 la fille d'un maître de forges: dès la fin du XV° siècle, en effet, la sidérurgie à bois s'installe en Périgord, dans les zones réunissant à la fois du minerai de fer superficiel, des forêts, de l'eau et des voies de communication. Jean Rey achète en 1600 la forge de la Borie, qui deviendra la Forge Neuve, dans la vallée du Manaurie. Il meurt en 1630. Son fils, troisième Jean, prend alors la direction de la forge. Il meurt en 1653, demandant à être enseveli près du temple du Bugue. Le marchand du Bugue avait acquis un office, et s'était constitué un patrimoine foncier. Son fils laisse à sa mort une bibliothèque qui dénote un homme cultivé et un homme de foi: des ouvrages classiques et des ouvrages de théologie claviniste. Son petit-fils va permettre à la famille d'aborder le second ordre, en épousant en 1641 Esther de Vins de la Fleunye, issue de la bonne noblesse protestante de Montignac. Deux problématiques de départ peuvent donc être posées: l'une économique, la seconde sociale et religieuse. La problématique économique tout d'abord: quel rôle cette Forge Neuve a-t-elle joué parmi les 24 forges actives identifiées au cours du XVIIe siècle dans le Périgord méridional? Quelle place a-t-elle tenue dans l'ensemble des forges à canons de la fin du siècle? La seconde problématique est, elle, sociale et religieuse: l'appartenance au protestantisme a-t-elle entraîné et favorisé l'ascension sociale de la famille Rey, et, dans l'affirmative, en quoi?

  • Titre traduit

    Climbing up the social ladder during the 16th and 17th centuries : the Reys, a Protestant family of marshals/blacksmiths in Périgord


  • Résumé

    This work lies on a vast amount of private as well as regional and national archives. The first known member of the Rey family was a merchant in Le Bugue. He probably converted to Protestantism around 1563. In 1580, he bought a share in the "sénéchal" office of Toulouse, and started acquiring lands and estates. He established his will legacy in 1590. His son, also christened Jean, marries the daughter of a master balcksmith in 1595. It has to be noted that, as soon at the end of the 15thcentury, metallurgy using wood forges is to be found in Périgord, in areas wher surface iron ore, forests, water sources and roads find themselves together. Jean Rey purchased the Forge Neuve in the valley of Manaurie in 1600. He died in 1630. His son, yet another Jean, then became head of the forge. He died in 1653, asking to be buried next to the Temple in Le Bugue. The merchant from Le Bugue had acquired an "office" and a patrimony. On his death, his son left valuable books which reveal a learned man and a believer through classical works and Calvinist theology treatises. His gran-son was the one who enabled the family to reach nobility in 1641, by marrying Esther de Vins de la Fleunye, a lady from the well-off Protestant noblity of Montignac. The story of this family leads us to ponder over two main topics, one economical and the other one social and religious. We will start by questioning economics: what part did La Forge Neuve play among the twenty-four known forges which were active in Southern Périgord in the 17th century? What was its status among cannon forges by the end of this century? Then we will study the social and religious challenges of this family: were the Reys helped and favoured in their social promotion by their Protestant faith, and if the case, in what manner?