La théologie de l'histoire au défi de la sécularisation

par Hervé Lanoé

Projet de thèse en Théologie catholique

Sous la direction de Bernard Bourdin.

Thèses en préparation à l'Université de Lorraine , dans le cadre de Ecole doctorale Fernand Braudel (Nancy-Metz) depuis le 27-02-2013 .


  • Résumé

    Le projet d'une théologie de l'histoire apparaît à la fois comme inscrit dans le message chrétien d'une annonce de la Résurrection du Christ et du salut apporté à l'humanité à tous les peuples de la terre, et comme mis en cause sinon dévalué par l'irruption de la Modernité dans l'histoire, sous les formes de la philosophie des lumières et de la sécularisation politique qui l'a suivie. En réalité, on a connu à ce jour deux formes de la théologie de l'histoire, une forme orthodoxe, qui remonte à Saint Augustin et aux théologiens qui l'ont suivi, parmi lesquels Saint Bonaventure et , plus récemment, Bossuet, qui identifie théologie de l'histoire et théologie du salut. L'essence de l'histoire humaine est celle qui est portée par l'Eglise en tant que représentante du Christ et qui s'incarne finalement dans la distinction entre Cité de Dieu et Cité terrestre, encadrée par les annonces de type eschatologique que l'on trouve dans les Epitres pauliniennes et l'Apocalypse de Jean. On peut cependant penser qu'il existe également une forme philosophique de cette théologie de l'histoire qui est celle présentée par Hegel dans sa vision d'une théodicée de l'Esprit dans l'histoire, caractérisée par les différentes figures de l'Esprit, mais aussi par la notion d'un progrès de l'histoire qui rattache Hegel aux thèses kantiennes d'une histoire en progrès. Au XXème siècle, chacune de ces deux visions connait des développements dans plusieurs directions : la théologie de l'histoire comme théologie du salut continue à être défendu par des théologiens orthodoxes comme le cardinal Daniélou ou Urs von Balthasar, mais au risque d'un divorce croissant avec les réalités historiques et politiques, divorce dont la polémique entre Carl Schmitt, inventeur de la notion de « théologie politique », et Peterson, tenant d'une théologie politique centrée sur l'Eglise, est l'indice. A l'orée du XXIème siècle, la prégnance des valeurs attachées à la notion de progrès historique est cependant telle que les thèses de la théologie orthodoxe peuvent difficilement être maintenues après deux sicles de sécularisation des institutions mais aussi des formes de pensée. L'émergence d'une théologie de la libération, en lien avec l'essor d'une théologie de l'espérance portée par J. Moltmann, repose la question de l'espérance d'une libération sous une forme concrète et donc à la fois théologique et politique. L'articulation de ces conceptions avec une théologie qui conserve la substance du message chrétien sur la transcendance de la Parole divine se pose néanmoins, afin d'éviter une dérive idéologique de la théologie. La conciliation de ces deux approches se trouve peut-être dans la redécouverte d'une attente messianique dans la philosophie contemporaine, avec G. Agamben et J. Taubes, en particulier, attente messianique qui réinstalle la problématique d'une théologie de l'histoire.


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