Bollywood Film Traffic. Circulations des films hindis au Moyen-Orient (1954-2014)

par Nemesis Srour

Projet de thèse en Anthropologie sociale et ethnologie

Sous la direction de Catherine Servan-Schreiber.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 22-11-2012 .


  • Résumé

    En 1965, la présence de films indiens dans la région arabe fait débat. La popularité des films indiens est perçue comme une « invasion » par certains, tandis que les raisons de ce succès sont formulées en termes essentialistes, comme « une sorte de spontanéité innée » par l’historien du cinéma Georges Sadoul (Centre interarabe du cinéma et de la télévision 1965). Pour restituer ces ambivalences, l’objet de ce travail n’a pas été d’offrir les arguments d’une connivence culturelle entre les films indiens et les pays arabes, mais de documenter les circulations des films, participant d’une histoire globale des circuits cinématographiques Sud-Sud. Cette recherche articule les modalités de circulations des films indiens sur le temps long, de 1954 à 2014, afin de restituer à ces échanges cinématographiques toute leur historicité. Interroger le Moyen-Orient depuis l’industrie cinématographique indienne formule une vision alternative de cette région. Elle contribue à donner leur place à des acteurs méconnus, à faire une histoire des distributeurs et des salles de cinéma au regard des circuits des films indiens. Simultanément, entreprendre cette histoire nécessite de comprendre comment l’industrie de Bombay perçoit et investit les territoires étrangers pour la diffusion de ses films. Revenir aux processus de circulations en eux-mêmes sur une période de 60 ans ouvrait la porte aux aspérités, aux trébuchements des récits. Une ethnographie transnationale des réseaux de circulations des films hindis à Beyrouth, au Caire et à Dubaï, montre des territoires différemment perméables. Dans une démarche qui documente les circuits de cinéma et en distingue les agents, ce travail s’attache à faire une anthropologie historique de la filière de la distribution. La typologie des réseaux signale leur plasticité et montre toute l’ingéniosité des acteurs de la diffusion, s’adaptant, se modulant et anticipant même les mutations historiques de la région.

  • Titre traduit

    Bollywood Film Traffic. Circulations of Hindi films in the Middle-East (1954-2014)


  • Résumé

    In 1965, the presence of Indian films in the Arab region is sparking debate. While some perceive the popularity of Indian films as an “invasion”, the reasons for this success are formulated in essentialist terms by the film historian Georges Sadoul, as “a kind of innate spontaneity” (Inter-Arab Center for Cinema and of television 1965). To render these ambivalences, the purpose of this work was not to offer the arguments of a cultural connivance between Indian films and Arab countries, but to document the circulation of films, contributing to a global history of South-South cinematographic circuits. This research articulates the circulation modes of Indian films over a long period, from 1954 to 2014, in order to give to these cinematographic exchanges all their historicity. Questioning the Middle East from the perspective of the Indian film industry formulates an alternative vision of this region. It contributes to give their place to unsung actors, to make a history of distributors and cinemas in light of the circuits of Indian films. At the same time, undertaking this story requires understanding how the Bombay film industry perceives and invests foreign territories in broadcasting its films. Returning to the process of circulation in themselves over a period of 60 years opened the door to asperities, to the stumbling of stories. A transnational ethnography of circulation networks of Hindi films in Beirut, Cairo and Dubai, shows differently permeable territories. In an approach that documents film circuits and distinguishes its agents, this work focuses on a historical anthropology of the distribution field. The typology of the networks indicates their plasticity and shows all the ingenuity of the actors of the diffusion, adapting, modulating and anticipating even the historical mutations of the region.