Habiter une ville nouvelle en Chine. Le cas du quartier d'architecture occidentale de Thames Town en périphérie de Shanghai

par Martin Minost

Projet de thèse en Anthropologie sociale et ethnologie


Sous la direction de Valérie Gelézeau et de Katiana Le Mentec.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 22-10-2012 .


  • Résumé

    Depuis le tournant du millénaire, la Chine connaît un processus d’urbanisation accélérée sans précédent. La croissance urbaine est soutenue, entre autres programmes, par le développement des périphéries des villes dont le paysage incorpore, à grande échelle et en très grandes quantités, des zones résidentielles à l’aspect architectural inspiré de modèles occidentaux. Perçus uniquement au travers de leur forme spatiale, ces quartiers ont fait l’objet d’analyses biaisées et ethnocentrées, les décrivant comme des manifestations d’un urbanisme postmoderne fondé sur le collage architectural spectaculaire et la consommation d’images. Cette thèse de doctorat propose une analyse différente des quartiers aux atmosphères imitées en s’appuyant sur une ethnographie des modes d’habiter des habitants de Thames Town, à l’architecture anglaise, localisé dans la ville nouvelle de Songjiang, en périphérie de Shanghai. Au contraire des études limitées à la forme architecturale du quartier, l’analyse des expériences de mobilité et d’appropriation d’un espace vécu à la marge révèle la dimension libératrice des modalités de l’habitation, comprise comme le processus de fabrication du chez-soi et le logement, fruit de l’acte d’habiter. S’inscrivant dans le domaine de l’anthropologie de l’espace, cette recherche permet d’interroger, à partir du point de vue des résidents, les transformations du rapport à l’espace et l’habitation ainsi que les représentations culturelles croisées entre la Chine et l’Occident pour certains milieux aisés de la Chine urbaine du 21e siècle.

  • Titre traduit

    Living in a new city in China. The case of the Western architectural neighbourhood of Thames Town in the suburbs of Shanghai


  • Résumé

    Since the turn of the millenium, China has experienced an unprecedented process of accelerated urbanisation. The urban growth is sustained, among many programs, by the development of cities’ fringes which landscape incorporates, on a greater scale and in numerous quantities, residential areas with an architectural aspect inspired by Western models. Perceived only through their spatial form, these neighbourhoods have been subject to biased and ethnocentric analyses, described as manifestations of a postmodern urbanism based on spectacular architectural collage and image consumption. This doctoral thesis offers a different perspective about the neighbourhoods with imitated atmospheres relying on a ethnography of the ways of living of the inhabitants of Thames Town, with its British architecture, located in the new city of Songjiang, in the outskirts of Shanghai. Unlike studies limited to the architectural form of the neighbourhood, the analysis of experiences of mobility and appropriation of a lived space on the margin reveals the liberating dimension of the modalities of housing, understood as the process of making the home and housing, the result of the act of dwelling. As part of the field of anthropology of space, this research allows us to question, from the point of view of residents, the transformations of the relationship to space and housing as well as cross cultural representations between China and the West for certain wealthy circles of 21st century urban China.