Réseaux migratoires roumains en Espagne. Stratégies et territoires de vie à Castellon de la Plana (Comunidad Valenciana)

par Elena Bucur

Thèse de doctorat en Géographie - économie internationale

Sous la direction de Jean-Baptiste Humeau.

Thèses en préparation à Angers en cotutelle avec l'Université de Castellon (Espagne) , dans le cadre de Ecole doctorale Droit, Economie-Gestion, Sociétés, Territoires (Nantes) depuis le 17-10-2005 .


  • Résumé

    Dans l’Union Européenne, les mobilités des hommes, des idées et des biens sont en développement constant. Les migrations de travailleurs se sont amplifiées grâce à l’ouverture de l’espace Schengen. Les migrants quittent des régions de l’Union Européenne en difficulté pour s’installer dans d’autres lieux en pleine croissance. Ainsi depuis 1996, des familles quittent la Roumanie pour travailler et habiter en Espagne. La région de Castellón enregistre des statistiques étonnantes : 10% de la population est désormais d’origine roumaine. Par quel processus se sont construits ces flux migratoires ? Plus qu’une analyse statistique, la thèse propose une réflexion sur les modes individuels et familiaux d’insertion des Roumains dans la région de Castellón. L’analyse des comportements familiaux par une immersion du chercheur dans la microsociété roumaine en formation est la source la plus originale. Pour saisir la complexité du fait migratoire, le contact direct avec les migrants est indispensable. La thèse met à jour le développement de véritables réseaux religieux, familiaux et amicaux pour expliquer la croissance continue des flux migratoires entre la Roumanie et l’Espagne. Des modes d’habiter nouveaux se créent à Castellón de la Plana et dans la province. La notion de parcours migratoire permet de saisir la complexité de la situation des ménages et le rôle des acteurs participant à la construction des différents espaces de vie. Ces réseaux, ces espaces de vie sont toujours précaires. Ils ne s’inscrivent jamais dans le définitif. Certains deviennent des échecs. Mais, heureusement, de véritables stratégies d’insertion territoriale peuvent être analysées. L’entrée de la Roumanie dans l’Union Européenne impose une adaptation aux politiques de migration qui conditionnent les attitudes des migrants. Il s’agit de repenser et de réinterpréter le processus migratoire pour porter un nouveau regard sur les migrations internationales. De nouvelles notions comme la simultanéité, la glocalisation, le transnationalisme permettent une réinterprétation des réseaux de migration. La mauvaise utilisation de termes comme «immigré » et « étranger » constitue des opacités dans l’opinion collective. Pour le migrant, la dimension affective des liens qui se construisent continuellement entre les familles restées au pays et la société d’accueil sont déterminants. Les stratégies mises en œuvre par les familles pour assurer leur survie se redéploient en permanence. La crise économique actuelle en Espagne provoque de nouvelles incertitudes. Tant que des personnes, des formes d’habiter, des charges émotionnelles seront impliquées dans de formidables efforts d’adaptation et d’insertion pour l’accomplissement d’un projet de vie, les migrants vivront dans l’instabilité d’un processus migratoire toujours réversible.


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