Une analyse anthropologique de la relation entre médecine conventionnelle et médecine complémentaire dans la France contemporaine

par Laurel Mc Ewen

Projet de thèse en Anthropologie sociale et ethnologie

Sous la direction de Jonathan Friedman et de Nadya Araujo Guimarães.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 05-11-2012 .


  • Résumé

    Cette thèse porte sur l’étude de la relation paradoxale entre la médecine conventionnelle et les médecines complémentaires dans la France contemporaine, pays dans lequel une multitude de pratiques complémentaires s’épanouissent malgré la présence d’une hostilité institutionnalisée contre ces formes de pratique médicale non autorisées et l’absence générale de législation nationale réglementant leur exercice et statut. Pour ce faire, j’utilise une approche ethnographique reposant sur trois années et demie d’observation participante et d’entretiens ouverts, semi-dirigés avec des praticiens, des utilisateurs, des administrateurs, des organisations, des syndicats et des éducateurs des deux côtés de la relation conventionnelle-complémentaire. L'analyse est encadrée par une approche des « systèmes complexes adaptatifs » et la théorie de la mondialisation. Elle met l'accent sur l'interrelation et la coévolution de la science, de la médecine et de la société. Les représentations de la santé, de la maladie, du bien-être et de l'art de guérir sont examinées à travers une analyse rhétorique des données recueillies auprès des participants pendant mon travail de terrain, ainsi que les stigmates, les stéréotypes et les peurs qui caractérisent leur perception des deux côtés. De nombreuses études de cas sont présentées, mettant en évidence l'intégration de pratiques complémentaires dans les hôpitaux privés et les hôpitaux universitaires en France. Ensemble, ces cas fournissent une notion nuancée de « l'acceptation » de pratiques complémentaires et de dynamiques émergentes qui témoignent des efforts individuels pour intégrer la médecine complémentaire dans la société française. Ces dynamiques sont à situer dans le contexte de la mondialisation et des tendances en matière de santé publique, « lieu » dans lequel les médecines complémentaires s’étendent. Les résistances comme par exemple la polémique actuelle autour du déremboursement de l’homéopathie peut être considérée, dans la société française, comme une réaction à l’empiétement des médecines complémentaires sur la médecine conventionnelle. Pour conclure, cette thèse se termine par quelques réflexions sur le potentiel de croissance continu de la médecine complémentaire dans la France contemporaine, malgré les représentations négatives qui y sont associées et leur manque de régulation.

  • Titre traduit

    An anthropological analysis of the relationship between conventional and complementary medicine in contemporary France


  • Résumé

    This thesis explores the paradoxical relationship between conventional and complementary medicine in contemporary France; a country in which a multitude of complementary practices are flourishing despite the presence of an institutionalized hostility against these unsanctioned forms of medical practice and the overall lack of national legislation for their regulation. To do so, it uses an ethnographic approach that is based on three and a half years of participant observation and semi-directed, open-ended interviews conducted with practitioners, users, administrators, lobbies, organizations, and educators on both sides of the conventional-complementary relationship. The analysis is framed using a complex adaptive systems approach and globalization theory, with an emphasis on the interrelationship between and co-evolution of science, medicine, and society. Representations of health, illness, well-being, and the art of healing are considered through the analysis of rhetoric collected from both sides of the conventional-complementary relationship; as are the stigmas, stereotypes, and fears that characterize the perceptions of both sides. Multiple case studies are presented evidencing the integration of complementary practices in both private hospitals and public university-hospitals in contemporary France, as are case studies drawn from participant observation. Together these cases provide a nuanced notion of the “acceptance” of a complementary practice in French society and the patterns emerging from individual efforts to integrate complementary medicine in mainstream French society. These dynamics are considered within the context of globalized public health trends that are creating a “place” for complementary medicine and in terms of the current backlash against complementary medicine in French society. This thesis concludes with some reflections on the potential for the continuing growth and integration of complementary medicine in contemporary France, despite the negative representations associated with it and the enduring political unwillingness to create legislation regulating it.