Expérience de la participation politique de femmes zapatistes et transformation de la communauté

par Rosaluz Perez Espinosa

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Michel Naepels et de Mercedes Olivera Bustamante.


  • Résumé

    Dans le cadre du cessez-le-feu qui fit suite au soulèvement de janvier 1994, l'Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) annonça la création de 30 municipalités autonomes dans le sud-est du Mexique en décembre 1994. Ces municipalités formèrent une zone d'exception aux politiques néolibérales de l'État et devinrent la base matérielle de la construction de l'autonomie zapatiste, en d'autres termes, du projet politique zapatiste. Deux lois révolutionnaires promulguées par l'EZLN devinrent les piliers de la construction de l'autonomie : la Loi Agraire Révolutionnaire et la Loi Révolutionnaire des Femmes, cette dernière étant la conséquence de la participation précoce des femmes à la structure politico-militaire. Cette thèse explore la manière dont le projet politique zapatiste d’autonomie a été façonné par l’expérience de genre des femmes et par leur expérience politique historique. A travers une réflexion sur la trajectoire de deux femmes particulières, qui ont eu une grande importance à leur époque au sein du mouvement, la major Maribel et la major Ana María, j’avance l’idée que, même si la participation politique des femmes zapatistes a débuté comme un moyen pour transformer leur vie personnelle et celle de leur communauté d’origine, vu qu’il y était impossible de se projeter dans le futur, cette participation a aussi transformé le projet politique zapatiste, en plaçant au centre de l’action collective la défense de la vie communautaire et la transformation des relations politiques, sociales et économiques. En ce sens, je soutiens que la participation des femmes dès la fondation de l’EZLN a façonné le projet politique zapatiste, qui consiste en particulier, mais pas seulement, à construire l’autonomie zapatiste.


  • Résumé

    Within the cease-fire that followed the January 1994 uprising, the Zapatista Army of National Liberation (EZLN) announced the creation of 30 autonomous municipalities in southeastern Mexico in December 1994. These municipalities formed a zone of exception to the neoliberal policies of the state and became the material basis for the construction of Zapatista autonomy, in other words, the Zapatista political project. Two revolutionary laws enacted by the EZLN would become the pillars of the construction of autonomy: the Revolutionary Agrarian Law and the Revolutionary Women's Law, the latter being the consequence of the early participation of women in the political-military structure. This thesis explores how the Zapatista political project of autonomy has been shaped by women's experience of gender and by their historical political experience. Through a reflection on the trajectory of two particular women who were important in their time in the movement, Major Maribel and Major Ana María, I argue that although Zapatista women's political participation began as an alternative to transform their personal lives and those of their home communities, given the impossibility of projecting themselves into the future, this participation also transformed the Zapatista political project, placing the defense of community life and the transformation of political, social and economic relations at the center of collective action. In this sense, I argue that the participation of women from the founding of the EZLN has shaped the Zapatista political project, which consists in particular, but not only, of building Zapatista autonomy.