Résilience des Baka et Bakola face aux mutations socio-environnementales (Cameroun)

par Jean-Pierre Nguede Ngono

Projet de thèse en Anthropologie sociale et ethnologie

Sous la direction de Jean-Paul Colleyn et de Godefroy Ngima Mawoung.

Thèses en préparation à Paris, EHESS en cotutelle avec l'Université de Yaoundé I , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 03-12-2012 .


  • Résumé

    Cette thèse propose une analyse approfondie de la résilience des mutations socio-environnementales au sein de deux communautés autochtones de chasseurs/cueilleurs, les Baka et les Bakola du Cameroun. Ces communautés qui jadis nomades, habitaient la forêt où ils tiraient l’essentiel de leur vie et survie. Aujourd’hui qu’elles ont été déplacées de leurs terroirs ancestraux pour des raisons de création d’aires protégées, de complexes agro-industriels, d’exploitation forestière et d’exécution de grands projets miniers, ces communautés sont plus que jamais en contact permanent avec des « grands noirs » ou bantous qui influencent en grande partie leurs modes de vie (chasse, cueillette et pêche) et conditionnent très souvent leur devenir. Pour faire face à ces mutations, l’Etat du Cameroun et des Organismes nationaux et internationaux à travers de vastes Programmes, accompagnent progressivement les Baka et les Bakola à se reconstruire une nouvelle vie qui intègre les exigences de la « modernité ». Malgré cet accompagnement, ces peuples restent encore sous l’emprise de grands fléaux tels que : l’alcoolisme, les maladies, la malnutrition, la marginalisation, la sous scolarisation, la non reconnaissance de leurs droits, etc. Comment réagissent-ils face aux mutations survenues dans leur vie ? La thèse vise à identifier les différentes mutations, à les décrire et d’en analyser les stratégies mises sur pied par des Baka et des Bakola pour s’y adapter. Certaines mutations peuvent apparaître en surface sans pour autant remettre en cause de manière fondamentale leur attachement à la forêt et à certaines valeurs ancestrales. Toutefois, les différentes pressions exogènes (i.e. sédentarisation, mondialisation) et endogènes (i.e. attitude des individus, transmission) qui déterminent le degré d’avancement des différentes mutations ne doivent pas être sous-estimées, en tant qu’elles sont une menace pesant sur leur développement.

  • Titre traduit

    Baka and Bakola resilience to face socio-environmental changes (Cameroon)


  • Résumé

    This thesis proposes a thorough analysis of the resilience of socio-environmental in two communities of hunter / gatherers, Baka and Bakola Cameroon. These communities formerly nomadic lived in the forest where they drew most of their life and survival. Today they have been displaced from their ancestral lands for the sake of creating protected areas, agro-industrial, forestry and execution of major mining projects, these communities are more than ever in touch Standing with "big black" or Bantu largely influence their lifestyle (hunting, gathering and fishing) and often determine their future. To cope with these changes, the government of Cameroon and national and international organizations through extensive programs accompany gradually Baka and Bakola to rebuild a new life that incorporates the requirements of "modernity." Despite this support, these people are still under the influence of scourges such as alcoholism, disease, malnutrition, marginalization, in schooling, non-recognition of their rights, etc.. How do they cope with the changes occurring in their lives? The thesis aims to identify the different mutations, to describe and analyze the strategies established by the Baka and Bakola to adapt. Some mutations may appear on the surface without question a fundamental attachment to the forest and some ancestral values. However, different exogenous pressures (such as settlement, globalization) and endogenous (such as attitude of individuals, transmission) which determine the degree of progress of the various mutations should not be underestimated, as they are a threat to development.