La Bioéthique, Science d’État : la fabrique du gouvernement de la morale des corps humains biomédicaux.

par Adeline Néron

Projet de thèse en Sciences de la société

Sous la direction de Dominique Pestre.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 13-12-2012 .


  • Résumé

    Cette thèse se situe à la rencontre des Études sur les sciences et des théories biopolitiques. Elle porte sur les relations de savoir et de pouvoir qui animent la bioéthique. Ce champ est saisi comme étant des espaces et temps de négociation de risques d’ordre juridique, social et moral de développements techno-scientifiques. Alors, cette recherche s’intéresse à cette évaluation de possibilités et pratiques biomédicales relevant de donner ou prendre la vie, des organes, des embryons humains, des informations génétiques, du sang ou des cellules. Le Comité de bioéthique du Conseil de l’Europe, le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé et les Espaces de réflexion éthique régionaux sont les trois nœuds étudiés. L’institutionnalisation des jugements de valeurs qu’ils permettent de constater est faite d’une circulation multi-scalaire d’experts qui concentre productions et normatisations. Cette circulation forme une communauté épistémique bioéthique, universitaire et administrative. Dans ce mode de gouvernement, les validations professionnelles se confrontent à leurs propres narrations et tentatives de participation élargie à la fabrique bioéthique. En effet, Consultations, États Généraux, Conférences de citoyens et Débats publics essentiellement confirment les accréditations et configurations académiques et régulatrices. De propositions successives de compréhension, l’analyse invite à penser la bioéthique comme étant un domaine scientifique d’Études morales des sciences et techniques. C’est, en outre, cette identification même qui contraste la bureaucratisation de la vertu. C’est disciplinariser des savoirs sur la morale des corps humains biomédicaux qui s’oppose à l’intervention de discipliner individus et populations.

  • Titre traduit

    Bioethics, State’s Science. The making of the government of biomedical human bodies’ morality.


  • Résumé

    This thesis sits at an intersection of Sciences Studies and Bio-political theories. It concerns the knowledge and power relations that shape Bioethics. This field is considered as spaces and times of negotiation of legal, social and moral risks associated with techno-scientific developments. Hence, the research interest is this evaluation of the biomedical possibilities and practices of giving or taking life, bodies, organs, human embryos, genetic information, blood or cells. The Council of Europe’s Bioethics Committee, the National Consultative Ethics Committee on Life and Health Sciences and the Espaces de réflexion éthique (Regional Offices for Ethics) are the three knots studied. The institutionnalisation of value judgments these reveal lies on a multi-scalar circulation of experts that concentrates productions and normatisations. This circulation shapes a university- and administration-based bioethical epistemic community. In this mode of government, professional validations are confronted with their own narratives and initiatives of broader participation in Bioethics making. Indeed, consultations, États Généraux, citizens’ conferences and public debates essentially confirm academic and regulatory accreditations and configurations. From successive propositions of comprehension, the analysis invites consideration of Bioethics as a scientific field of Moral Studies of Sciences and Technology. Moreover, it is this identification that contrasts the bureaucratization of virtue. It is disciplinarizing knowledge on biomedical human bodies’ morality that is an opposition to the intervention of disciplining individuals and populations.