Seth Siegelaub et le commerce des livres. Matérialités et méthodes de l’imprimé, de l’exposition d’art conceptuel à la bibliographie sur l’histoire des textiles.

par Sara Martinetti

Projet de thèse en Arts et langages

Sous la direction de Béatrice Fraenkel.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 04-10-2012 .


  • Résumé

    De nombreux malentendus entourent la carrière atypique de Seth Siegelaub, (New York, 1941 – Bâle, 2013). Il est autant célèbre pour ses « expositions sur catalogue » manifestes de sa fulgurante contribution à l’art conceptuel américain entre 1966 et 1972, que méconnu pour son rôle d’éditeur, de documentaliste, de bibliothécaire, de bibliographe et d’archiviste sur les médias et sur les textiles. En 1973, Siegelaub fonde à Bagnolet un centre de recherche, l’International Mass Media Research Center (IMMRC), qui se donne comme mission de documenter les théories critiques de la communication par la création d’une bibliothèque, par l’établissement d’une bibliographie, et par la publication d’anthologies et d’essais. En 1986, il déménage à Amsterdam, change de sujet, et crée, sur le même modèle, le Center for Social Research on Old Textiles (CRSOT). Depuis 2000, il se consacre à la création de bases de données, et au développement du site Internet de la Stichting Egress Foundation qui regroupe tous ses projets. Les ruptures chronologiques et les sauts de discipline donnent l’impression d’une imperméabilité entre des phases de travail. La recherche particulière d’une méthode est pourtant frappante dans les différents essais de systématicité et dans l’intérêt pour plusieurs opérations liées au livre : accumuler, collectionner, conserver, stocker, inventorier, archiver, compiler, classer, diffuser, éditer, publier. À partir des réalisations éditoriales, des collections d’ouvrages et des archives de Siegelaub, seront analysées des pratiques d’écriture et des types d’écrits (le catalogue d’exposition, la bibliographie, le dossier documentaire, la boîte d’archive et la base de données). Toute cette « papeterie » dit quelque chose du travail artisanal de fabrication des livres et des manipulations de documents. En restituant le traitement particulier des catalogue d’art conceptuel à l’intérieur d’une économie de l’écrit plus vaste et à l’échelle d’une vie, cette monographie entend considérer, à partir de l’analyse des matérialités en présence et des implications politiques, les conceptions de l’imprimé qui se dégagent de la pratique de Siegelaub. Articuler plusieurs disciplines du livre histoire de l’édition, pratiques du document et de l’archive, anthropologie de l’écriture permettra une approche singulière de cette carrière atypique et des grandes problématiques qu’elle croise : l’historiographie critique de l’art conceptuel, les théories de l’information dans les années 1970, et la « dématérialisation » numérique. D’autre part, les théories des arts décoratifs et du craft seront une entrée pour aborder la présence des objets, l’organisation du travail, et les notions de propriété intellectuelle.


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