Le décor urbain en Chine moderne (1901-1937) : l'expérimentation des expressions plastiques et l'expérience des modernités visuelles

par Wang-han Lee

Projet de thèse en Histoire (option : histoire de l'art)


Sous la direction de Yolaine Escande.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 13-09-2012 .


  • Résumé

    L’objectif de cette thèse est d’explorer les modifications qui apparaissent dans l’espace urbain à partir de la période moderne en Chine, et singulièrement les innovations du décor urbain. Ces nouveaux objets situés dans la ville, comme le monument, le réverbère public ou l’enseigne, possèdent un sens ou une fonction esthétique, et remodèlent les aspects de la vie moderne en impactant la perception des citoyens et des passants. C’est un point de convergence de la politique et de l’esthétique qui est resté longtemps ignoré dans l’historiographie. La thèse se développe à partir de deux arguments principaux, l’un historique et l’autre esthétique. Le premier cherche à définir la notion de modernité dans l’histoire de la Chine, en particulier pour la période 1901-1937, pendant laquelle la modernisation de l’État est considérée comme la mission primordiale des responsables chinois. Cette orientation a profondément influencé la société chinoise, et sans aucun doute le décor urbain, dans un constant débat entre la tradition culturelle chinoise et l’importation d’idées nouvelles. Le rôle des concessions étrangères, l’adaptation des conceptions occidentales, les nouvelles perspectives politiques, l’impact du développement commercial des villes, sont les points d’articulation de cette évolution historique. Le second argument tente d’approcher concrètement, à travers les réalisations pratiques, l’expression plastique et esthétique du décor urbain. L’érection des monuments de mémoire, les mutations de la culture de la publicité et du commerce urbain, les horloges publiques ou les signalisations routières sont les principaux éléments de la transformation urbaine. Ce type d’objets joue un rôle décisif dans la nouvelle visualité urbaine, et conduit à de nouvelles expériences sensorielles pour les usagers de l’espace urbain. Nous interrogeons les principes esthétiques de ces nouvelles réalisations, en relation avec les idéologies et les techniques qui sous-tendent la modernité. À travers ce processus, nous pouvons observer la face cachée du métarécit de l’histoire, et souhaitons établir une méthode d’interprétation de la culture visuelle de la Chine moderne.

  • Titre traduit

    The Street Furniture in Modern China (1901-1937) : experiment of Plastic Expressions and Experiences of Visual Modernities


  • Résumé

    This dissertation aims to explore a new genre of product installed in urban space from the late imperial China: the street furniture. Which means the objects located in the city that have an aesthetic meaning or function, such as the monument, the street light or the signage. These objects constitute a considerable aspect of modern life for the Chinese and change their perception about urban space, but have been ignored in Chinese history for a long time. This research is actually based on two main approaches, one historical and the other aesthetic. The first emphasizes the significance of the modern era in Chinese history, particularly the period between 1901 and 1937. During this period, the most important mission for the Chinese was to seek modernization of the state. This trend has brought immense influence to Chinese society, including street furniture. Therefore, it is logical and necessary to take modernization and its influence on the street furniture as our first point of analysis. Subsequently, this approach brings us to our second argument: the plastic and aesthetic expression of street furniture. Despite the fact that most street furnitures are not created for aesthetic reason, they stimulate people’s sense, especially the visual perception, and provoke their sense of beauty to a certain extent. In this regard, a point of view based on research in art and aesthetics becomes significant in this dissertation. By means of this conceptual framework and methodology appropriate for it, we will have chance to observe the less visible facets hidden in the metanarrative of history, and possibly establish a new approach leading us rethink the aesthetic ideology, the visual culture, and the urban life of modern Chine.