Penser les hommes à travers les plantes : images végétales de l’humain en Grèce ancienne (VIIIe-Ve siècle av. notre ère)

par Alessandro Buccheri

Projet de thèse en Histoire et civilisations

Sous la direction de Frédérique Ildefonse et de Maurizio Bettini.

Thèses en préparation à Paris, EHESS en cotutelle avec l'Università degli studi (Pise, Italie) , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales , en partenariat avec Centro "Antropologia e Mondo Antico" (Sienne, Italie) (laboratoire) depuis le 14-12-2012 .


  • Résumé

    De plus en plus d’études s’accordent à reconnaître dans la métaphore un instrument de la pensée, plutôt qu’une figure de style. En particulier, les métaphores les plus communes et les plus répétées, celles qui font partie du langage quotidien, structurent l’appréhension du monde des membres des communautés linguistiques qui les utilisent. Bien que nous n’ayons pas accès au langage quotidien des anciens Grecs, les textes contiennent un corpus de métaphores récurrentes, extrêmement répandues, qui utilisent la terminologie botanique pour parler des êtres humains. Cette thèse vise à montrer en quoi ces métaphores végétales ont constitué une manière, culturellement déterminée, d’appréhender plusieurs facettes de la vie humaine : le corps et le fonctionnement de humeurs en son sein ; la forme visible de la personne, la manifestation des émotions et celle de la χάρις ; l’innéité ; les rapports de parenté et notamment celui de filiation ; l’identité citoyenne. Centré sur les textes poétiques composés en Grèce entre le VIIIe et le Ve siècle avant notre ère, ce travail convoque tour à tour les écrits médicaux et philosophiques, les représentations religieuses et les mythes de métamorphose, afin d’inscrire les métaphores botaniques étudiées dans des réseaux conceptuels faisant partie du savoir partagé.

  • Titre traduit

    Plants as an image for men : botanical metaphors for kinship and the human person in Ancient Greek poetry (8th-5th centuries BCE)


  • Résumé

    As anthropologists, philosophers and linguists have nowadays largely recognized, metaphors are not simply rhetorical embellishments, but a basic mechanism of human thought. Focusing on botanical metaphors occurring in Greek poetry composed between the 8th and the 5th centuries BCE, this dissertation aims to show how knowledge relative to the world of plants was used to understand, conceptualize and represent different aspects of human life. Botanical metaphors are pervasive in archaic and classical poetry. My work locates them against a wider background, comprising other kinds of texts (mainly, philosophy and medicine), myths, and, to a lesser degree, religious representations and practices. Therefore, botanical metaphors appear to be integral to a widespread network of cognitive schemata, sanctioned and transmitted by linguistic practice, and used by Greek speakers to construct their understanding of (some aspect of) human life. As this thesis demonstrates, plants offered convenient models to reason about the functioning of the body and its internal humors as well as the ways in which physical appearance may reveal moral or divine qualities. Botanical knowledge was also used to understand human passions, inborn qualities, kinship ties and civic identities. The overall aim of my dissertation is to offer an “emic” depiction of those domains: that is, a description grounded in Greek speakers’ own conceptual schemata