Les minorités religieuses et la mort dans le Sud-Ouest de la France (1750-1850)

par Aurore Bertin

Projet de thèse en Histoire moderne et contemporaine

Sous la direction de Éric Suire.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités , en partenariat avec Centre d'études des mondes modernes et contemporains (Pessac, Gironde) (equipe de recherche) depuis le 22-10-2012 .


  • Résumé

    Après l'expulsion des Juifs de France en 1394 et la révocation de l'Édit de Nantes en 1685, Juifs et Protestants de France ne disposèrent plus d'une existence propre. Alors que nombre d'entre eux quittaient le royaume, quelques communautés subsistèrent, et d'autres vinrent à se former. Le Sud-Ouest de la France présente une cartographie de ces minorités religieuses tout à fait particulière. Bordeaux, Saint-Esprit à côté de Bayonne, et bien d'autres villes accueillirent des communautés juives. Les communautés protestantes étaient plus diffuses sur le territoire aquitain. Privés de reconnaissance civile, les protestants devaient vivre, subsister et mourir en silence. À l'instar des communautés juives, ils avaient à faire preuve d'imagination pour suppléer l'absence de reconnaissance administrative. L'absence de reconnaissance de mariage posait des problèmes de transmission des biens et le refus du baptême catholique empêchait toute inhumation au cœur des cimetières des paroisses. Les communautés juives présentaient à Bordeaux un cas de figure sans doute particulier, elles cohabitaient avec les catholiques, leur entente était telle que certains possédaient des caveaux dans quelques cimetières de la ville (Jusqu’à 1722-1729). Cependant, la situation était différente pour les communautés protestantes. Cette étude ne se limite pas aux communautés urbaines, elle vise au contraire tous les cas d'adaptation aux problèmes engendrés par l'absence de reconnaissance civile. Étudier ces communautés sur une période allant de 1750 à 1850 doit permettre l'identification des modalités d'adaptation aux contraintes civiles de ces minorités religieuses, de cerner les avancées qui ont permis leur reconnaissance, et enfin, de mesurer les conséquences de ces dernières sur leur vie communautaire, et sur les dernières préoccupations des individus : la mort, et tout ce qui l'entoure.

  • Titre traduit

    The religious minorities and the death in the Southwest of France ( 1750-1850 )


  • Résumé

    After the eviction of the Jews of France in 1394 and the revocation of the Edict of Nantes in 1685, Jews and Protestants of France arranged no more than an appropriate existence. While number of them left the kingdom, some communities remained, and the others came to form. The Southwest of France presents a completely particular religious mapping of these minorities. Bordeaux, Saint-Esprit next to Bayonne, and many other cities welcomed Jewish communities. The Protestant communities were more diffuse on the Aquitain territory. Deprived of civil recognition, the Protestants had to live, remain and die silently. Following the example of the Jewish communities, they had to show imagination to supply the absence of administrative recognition. The absence of wedding recognition raised problems of transmission of the properties and the refusal of the catholic baptism prevented any burial in the heart of the cemeteries of parishes. The Jewish communities presented in Bordeaux a doubtless particular scenario, they lived with the Catholics, their agreement was such as some possessed vaults in some cemeteries of the city(Next to 1722-1729). However, the situation was different for the Protestant communities. This study does not limit itself to urban communities, it aims on the contrary at all the cases of adaptation at the problems engendered by the absence of civil recognition. To study these communities over a period going from 1750 till 1850 has to allow the identification of the modalities of adaptation the civil constraints of these religious minorities, to encircle the advances which allowed their recognition, and finally, to measure the consequences of the latter on their community life, and on the last concerns of the individuals: the death, and all which surrounds it.