Du sensible au spirituel : l'expérience de l'Extrême-Orient dans les œuvres poétiques de Paul Claudel

par Jiangyue Yu (Zhu)

Projet de thèse en Littérature française

Sous la direction de Didier Alexandre.

Thèses en préparation à Sorbonne université , dans le cadre de École doctorale Littératures françaises et comparée (Paris) , en partenariat avec Observatoire de la vie littéraire (Paris) (laboratoire) depuis le 01-09-2012 .


  • Résumé

    Cette thèse présente l’expérience de l’Extrême-Orient que Claudel a vécue et a écrite dans ses oeuvres poétiques pendant trois périodes successives: la période chinoise (1895-1909), la période japonaise (1921-1927), et la période post-japonaise (1927-1955). En tant que « poète catholique », Claudel prête plus attention que les autres écrivains-voyageurs français à toutes sortes de formes spirituelles manifestées dans l'univers chinois ou japonais. Cependant, sa quête du spirituel ne se borne pas à une réflexion métaphysique pure, mais se superpose toujours à une perception « physique », mobilisée lorsqu'il se promène dans le monde réel ou artistique de l’Extrême-Orient. Le « corps » y joue un rôle important et se présente comme un mode de connaissance privilégié, permettant à Claudel d’accéder à un monde d’altérité jusqu’alors inconnu pour lui. Étant donné les riches dimensions du « corps » qui constituent l’« expérience sensible » de Claudel en Extrême-Orient, nous divisons notre thèse en deux parties, selon deux volets principaux (le paysage et l’écriture) qui témoignent par excellence de la relation étroite mais complexe entre le corps et l’âme, entre le sensible et le spirituel chez cet explorateur de l’Asie. Dans la première partie consacrée à son expérience du paysage, notre attention est non seulement prêtée au cadre réel, aux multiples excursions que Claudel effectue dans les régions naturelles des deux pays, mais aussi au cadre littéraire et artistique, afin de révéler les inspirations qu’apporte la représentation extrême-orientale du paysage à sa création des nouvelles formes poétiques. Dans la deuxième partie, centrée sur son expérience de l’écriture, nous étudions respectivement sa perception de l’idéogramme chinois, sa pratique de la calligraphie orientale et son adaptation des petits poèmes chinois et japonais. Sous une perspective transculturelle et comparatiste, nous essayons de dégager les références chinoises et japonaises qui associent aussi étroitement l’expérience sensible à la compréhension du spirituel, afin de dévoiler dans quelle mesure Claudel s’éloigne ou s’inspire de ces sources de l’Autre et comment celles-ci l’amènent à enrichir son expression poétique et à réaliser sa vocation religieuse dans une création littéraire absolument originale.

  • Titre traduit

    From the sensitive to the spiritual: the experience of the Far East in the poetic works of Paul Claudel


  • Résumé

    This thesis presents the experience of the Far East that Claudel lived and wrote in his poetic works during three successive periods: the Chinese period (1895-1909), the Japanese period (1921-1927), and the post-Japanese period (1927-1955). As a "Catholic poet", Claudel pays more attention than other French traveler-writers to all kinds of spiritual forms manifested in the Chinese or Japanese universe. However, his search for the spiritual is not limited to a pure metaphysical reflection, but is always superimposed on a "physical" perception, mobilized when he walks in the real or artistic world of the Far East. The "body" plays an important role and presents itself as a privileged way of knowing, allowing Claudel to enter into a world hitherto unknown to him. Given the rich dimensions of the "body" that make up Claudel's "sensible experience" in the Far East, we divide our thesis into two parts, according to two main aspects (landscape and writing) which demonstrate par excellence the close but very complex relationship between the body and the spirit, between the sensible and the spiritual in this explorer of Asia. In the first part focused on his experience of the landscape, our attention is not only given to the real framework, to the multiple excursions that Claudel completes in the natural regions of the two countries, but also to the literary and artistic framework, in order to reveal the inspirations that the oriental representation of landscape brings to its invention of new poetic forms. In the second part, centered on his experience of writing, we study respectively his perception of the Chinese ideogram, his practice of oriental calligraphy and his adaptation of short Chinese and Japanese poems. From a cross-cultural and comparative perspective, we try to point out some Chinese and Japanese references that also closely associate the sensible experience to the understanding of the spiritual, in order to reveal to what extent Claudel diverges from or is inspired by these sources from the Other, and how the latter lead him to enrich his poetic expression and to accomplish his religious vocation in a literary creation absolutely original.