Le champ de production de l'humour en France

par Alban Chaplet

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Julien Duval et de Wenceslas Lizé.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 14-12-2012 .


  • Résumé

    Cette thèse a pour objet l’espace de production de l’humour en France actuel. La forme humoristique centrale dans mon analyse est celle du one-man-show. J’étudie cet espace dans deux perspectives. La première est celle des agents sociaux invisibilisés agissant sur la structure de production, tels que les gestionnaires de théâtres et les sociétés de production. Je m’interroge, d’une part, sur la manière dont cet espace s’est construit et d’autre part, comment il se matérialise et prend forme aujourd’hui. Ensuite dans une seconde perspective, j’étudie comment les agents sociaux visibles, les humoristes, parviennent à le devenir dans cet espace de production. Mon terrain est circonscrit à l’observation de l’espace de production de l’humour à Paris, ville centrale comme ma recherche tend à le démontrer. Plus largement dans cette recherche je m’interroge sur la manière de devenir humoriste dans un contexte de financiarisation de la culture. Je postule une forme de marchandisation de l’humour/du rire, incarnée notamment par l’implantation croissante de financiers dans la structure de production qui orchestrent la chaine de production d’une œuvre humoristique en contrôlant, par fait d’appropriation, de la production à la circulation de l’œuvre. Je pose également l’hypothèse que cette structure de production fondée sur un modèle oligarchique, produit une forme de censure structurale dans la création humoristique ; autrement dit, la structure de production contraindrait la création et produirait une forme d’humoriste polyvalente dans l’espace de diffusion humoristique. Cette thèse s’inscrit donc dans une sociologie du désenchantement de la création artistique à travers l’analyse de ses conditions de production. Elle s’applique aussi à nourrir les débats actuels sur les effets de la financiarisation et de la rationalisation de la culture.


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