A chaque histoire son Histoire. Aspirations identitaires et imaginaires collectifs (Tulum, Quintana Roo, Mexique).

par Melissa El Bez

Projet de thèse en Anthropologie sociale et ethnologie

Sous la direction de Alban Bensa.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales , en partenariat avec Paula Lopez Caballero (CERI-Sciences Po) (Co-direction) depuis le 03-12-2012 .


  • Résumé

    Tulum est une petite ville touristique de la péninsule du Yucatan, réputée pour son site archéologique maya, qui est essentiellement peuplée de migrants provenant de tout le Mexique et de l’étranger. A cette diversité de provenances s'ajoute une extrême pluralité de catégories socio-économiques, mais aussi d’affiliations religieuses, spirituelles et idéologiques : témoins de Jehova, mormons, adventistes du septième jour, pentecôtistes, presbytériens, Eglise catholique maya, Eglise catholique de la Vierge de Guadalupe, mouvements patriotiques de revivalisme préhispanique, mouvements et pratiques new age variés, etc. Cette thèse traite des différentes versions de l’Histoire qui sont projetées par les habitants sur le territoire de Tulum, versions de l’Histoire qui sont appréhendées comme autant de manières de s’approprier le « lieu » et de le définir. Elles se traduisent par des représentations variées des « mayas » préhispaniques (« maya civilisé rationnel », « maya écologique », « maya sauvage païen », ou encore « maya surnaturel »), mais aussi par des lectures différentes de « l’événement colonial », de la nationalisation de la région et de sa mise en tourisme. Le projet a pour ambition de réfléchir, à partir du cas de Tulum, aux modalités de circulation, d’appropriation et de transformation d’imaginaires dans le monde global. Ainsi, l’usage que font les habitants des informations délivrées par les médias, internet et les institutions étatiques sera pris en compte, et mis en lien avec leurs trajectoires géographiques, familiales, professionnelles et religieuses. Il s’agira d’interroger ce qui amène un individu à adhérer une version de l’Histoire plutôt qu’à une autre, en analysant les processus de négociation, d’appropriation et de rejet d’informations qui participent de la tentative de donner cohérence au monde. D’autre part, ces versions de l’Histoire se construisent dans les interactions quotidiennes, puisque chacune d’elles confère une place particulière à celui qui y adhère et à ceux qu’il croise (en fonction de leur provenance, de leur classe, de leur culte, de leur prétendue « race »). L’étude de « l’incarnation sociale » de ces versions de l’Histoire permettra de mettre à jour les enjeux identitaires qu’elles mobilisent, et de révéler des tensions et des rapports de force qui traversent l’espace social de Tulum. Par ailleurs, ces différentes versions de l’Histoire s’accompagnent de représentations du futur particulières, qui seront questionnées à travers le prisme de « l’après 2012 ». Ainsi, il s’agira d’analyser la dynamique dialectique qui anime la relation entre visions du futur et images du passé, et par conséquent entre aspirations identitaires et versions de l’Histoire.


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