L'usurpation du pouvoir dans le théâtre français du XVIIeme siècle

par Ruoting Ding

Projet de thèse en Littérature française

Sous la direction de Georges Forestier.

Thèses en préparation à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Littératures françaises et comparée (Paris) depuis le 01-09-2012 .


  • Résumé

    Le présent projet que nous envisageons de conduire porte sur l’usurpation du pouvoir dans le théâtre français du XVIIe siècle. Le thème fournit aux auteurs une double valeur dramatique : d’un côté, l’action de l’usurpation a pour but le renversement radical de l’ordre ancien, entraînant les péripéties que la poétique aristotélicienne exige ; de l’autre, comme la lutte du pouvoir se passe souvent à l’intérieur d’une même famille royale, elle introduit naturellement le thème du conflit entre les proches, autre élément cher au philosophe grec. À la différence du revers de fortune qui n’entraîne guère de jugement moral, le bouleversement dynastique implique nécessairement le problème de la légitimité du pouvoir. Par conséquent, la pièce ne se termine jamais par la simple perturbation du pouvoir politique. Ainsi, le problème de l’usurpation conduit toujours à la tension théâtrale entre plusieurs forces et souligne l’exigence de la restitution de l’équilibre : il ouvre donc la possibilité de renversements dramatiques en chaîne. Quelles sont les valeurs dramaturgiques du thème de l’usurpation du pouvoir? Comment les dramaturges construisent-ils les rapports de forces antagonistes et comment le conflit s’achemine-t-il vers l’équilibre? Voici les premières questions auxquelles notre étude essaiera de répondre. D’un point de vue diachronique, nous remarquons que la manière d’aborder le même thème de l’usurpation du pouvoir varie selon les différentes périodes. Dans les années 1630-1650, le thème du prince ou du sujet révolté abonde. Aussi la conspiration pour obtenir la couronne est-elle un thème majeur. Après la Fronde, les pièces concernant le conflit dans la famille royale diminuent en nombre, d’autres schémas émergent : l’amour entre le prince légitime et l’usurpatrice, l’héritier de l’usurpateur qui cède volontairement le trône. Les dramaturges après la Fronde montrent, nous semble-t-il, une volonté d’effacer la trace de la violence. Ce changement de la configuration des pièces, cette dépolitisation du thème politique, procèdent-ils d’un souci dramaturgique, d’une atmosphère politique, ou d’une modification du goût publique? S’il est certain que l’insistance théorique sur la bienséance et sur la vraisemblance influence la composition dramatique, le changement idéologique inspiré par la construction de l’absolutisme pourrait ne pas être négligeable. Mais quelle est la relation entre ces deux éléments? Comment affectent-ils concrètement la façon d’incorporer l’usurpation du pouvoir dans une pièce? Les œuvres des diverses périodes reflètent-elles des conceptions différentes de la création théâtrale ou de la légitimité royale? Ces interrogations constitueront un autre fil conducteur de notre recherche.


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