La marque du surnaturel dans un corpus de "romans noirs" de la fin du XVIIIe siècle.

par Marianne Magdi Fahmi Garas

Projet de thèse en Lettres Modernes

Sous la direction de Catherine Douzou.

Thèses en préparation à Tours , dans le cadre de Sciences de l'Homme et de la Société depuis le 12-11-2012 .


  • Résumé

    La renaissance de l'irrationnel, du goût pour les sciences occultes dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle a souvent été constatée. Les contemporains tout d'abord, comme en témoignent les mémorialistes de cette époque, ont été souvent sensibles à cette évolution des centres d'intérêt qui contraste singulièrement avec l'essor des Lumières dans les décennies précédentes. Le phénomène a été plus particulièrement étudié par les historiens et les historiens du livre. Les travaux de Robert Darnton sur le mesmérisme et de Max Milner sur l'imaginaire du diable sont également très éclairants. Pour notre part nous nous proposons d'étudier les procédés d'écriture qui permettent la suggestion et la mise en scène du surnaturel dans un corpus de romans des années 1770-1800. Nous prendrons bien sûr en compte le célèbre Diable amoureux de Cazotte (1772) et le Manuscrit trouvé à Sarragosse de Jean Potocki (partiellement publié en 1804). Mais plus généralement nous développerons notre recherche sur un ensemble de "romans noirs" (romans dont l'objectif essentiel est de produire l'effroi et même l'horreur du lecteur) moins connus : Le Château noir ou les Souffrances de la jeune Ophélie de Mme Ménarde de Saint Juste (1799), Delphine ou le Spectre amoureux de Megnenet (1797), Victor ou l'Enfant de la forêt de Ducray-Duminil (1796). Nous examinerons également les "romans gothiques" anglais traduits et très lus en France à la fin du XVIIIe siècle : Le Château d'Otrante de Horace Walpole (1764), Le Roman de la forêt d'Anne Radcliffe (1791) et Le Moine de Lewis (1795). Nous ne négligerons pas par ailleurs l'influence plus lointaine de romans français plus anciens comme le fameux Cleveland de l'Abbé Prévost. Nous nous appuierons sur les nombreuses études critiques consacrées plus généralement au fantastique et à ses catégories limitrophes : le merveilleux et l'étrange (Castex, Le Conte fantastique en France de Nodier à Maupassant, Roger Caillois, Préface de l'Anthologie du fantastique, Schneider, Histoire de la littérature en France, Louis Vax, La Séduction de l'étrange, Todorov, l'Introduction à la littérature fantastique. Nous nous poserons également la question du contexte de la réception des "romans noirs" étudiés, la question de l'impact de l'expérience de la Révolution, de la guerre étrangère et civile qu'elle a impliquée. Y a-t-il un lien entre la recherche d'un effet d'horreur et l'expérience contemporaine de la violence ? Nous nous interrogerons de plus sur la théâtralisation de l'horreur présente dans ces romans


  • Pas de résumé disponible.