Pouvoir, territoire et développement : réflexions sur le foncier au Viêt Nam

par Quentin Vilsalmon

Projet de thèse en Géographie humaine

Sous la direction de Denis Retaillé.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités depuis le 21-09-2012 .


  • Résumé

    Les politiques de développement au Viêt Nam ont considérablement évolué depuis l’ouverture du pays au marché international. La politique de renouveau (Doi Moi), lancée en 1986, a contribué à fonder les bases d’une prospérité économique nouvelle pour le pays. Le foncier a été un des facteurs clés de ce « renouveau » aussi bien économique que politique. La réforme foncière (1986-1993) permit la redistribution de la terre aux familles et le démantèlement des coopératives agricoles, contribuant à l’installation d’un marché foncier tout en garantissant un accès égalitaire à la terre. La loi foncière de 2003 introduit une rupture dans la logique de protection des terres. Une forte libéralisation du foncier est enclenchée notamment par son ouverture au marché et plus particulièrement au marché international afin de favoriser l’industrialisation du pays. L’état voit les masses populaires rurales manifester de plus en plus souvent leurs mécontentements à propos des inégalités croissantes concernant l’accès au foncier. De fait, son pouvoir et son autorité sont régulièrement contestés, notamment à travers des conflits fonciers de plus en plus nombreux. Ces conflits sont révélateurs des tensions et des problématiques qui traversent l’ensemble du territoire vietnamien. Ils mettent en lumière une territorialisation de plus en plus centralisé de la gestion du foncier et du développement autour de la figure des provinces, relais essentiels des politiques nationales. Cependant, une large diversité d’application de ces politiques existe dans ces provinces, mettant à jour des problématiques territoriales spécifiques ainsi que des rapports de pouvoirs divers au sein des administrations locales avec les échelons supérieurs ou inférieurs de la société. L’objectif de cette étude consistera à appréhender les diverses questions foncières qui animent la société vietnamienne afin de rendre compte des mutations que celle-ci subit au contact de l’ouverture du pays au monde et aux marchés extérieurs.

  • Titre traduit

    Power, territory and Development : reflections on land in Vietnam


  • Résumé

    Development policies in Vietnam have considerably evolved since the country's opening to the international market. The renewal policy (Doi Moi), launched in 1986, helped establish the foundation for a new economic prosperity for the country. The land was a key factor in this "renewal”, economically as well as politically. Land reform (1986-1993) allowed a redistribution of land to families and the dismantling of agricultural cooperatives, contributing to the establishment of a land market, while ensuring equal access to land. The Land Law of 2003 introduced a break in the land protection logic. A strong liberalization of land is engaged especially by it's opening to the market, and more specifically to the international markets in order to promote the country's industrialization. The state attends to a rural population manifesting more and more often their discontent about the growing inequality regarding access to land. In fact, his power and authority are regularly challenged, especially through more and more numerous land conflicts. These conflicts are indicative of tensions and problems which pass through the entire Vietnamese territory. They highlight a more and more centralized territorialization for the land management and the development management around the figure of the provinces, essential relays of national policies. However, a wide variety of application of these policies exist in these provinces, revealing specific territorial issues as well as power relations within the local administrators with higher or lower levels of society. The objective of this study consist of apprehending the various land issues that animate the Vietnamese society in order to reflect the changes that it undergoes in contact of the opening of the country to the world and foreign markets.