Rome, images et identités de l’Urbs au miroir du cinéma, du néoréalisme à nos jours.

par Benjamin Fontan

Projet de thèse en Géographie humaine

Sous la direction de Denis Retaillé.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités depuis le 24-10-2012 .


  • Résumé

    Rome s’est imposée après guerre – urbi et orbi - comme la ville du cinéma. Le néoréalisme qui exhortait les réalisateurs à représenter la société « par le fond » en descendant dans la rue a érigé l’Urbs en quasi personnage de ses fictions réalistes. Ces premières images du cinéma d’après guerre ont contribué en retour à modeler une réalité urbaine. Dès lors, le cinéma apparaît comme un élément déterminant de la fabrique de la ville : il saisit des atmosphères et des lieux, en même temps qu’il concourt à les façonner par un traitement esthétique et technique savamment élaboré. En chargeant de sens l’image de la cité, et en en assurant – par projection – le transfert dans l’espace de la réalité, le cinéma forme notre regard et nos pratiques de la ville. C’est aux modalités de ce transfert que ce travail est consacré. Il vise à mettre en lumière la manière dont les hommes habitent l’espace et dont les lieux habitent les hommes, matériellement et symboliquement, dans un rapport médiatisé par le cinéma. C’est aussi le rôle du 7ème Art dans le processus de recréation identitaire par le truchement de l’espace qui sera interrogé : en s’envisageant autrement en d’autres lieux, le sujet mobile devient à son tour acteur d’une mise en scène différentielle de soi. Une série d’entretiens conduits à Rome permettront de mesurer l’influence des représentations de la ville construites et véhiculées par le cinéma sur la pratique des lieux de différentes populations urbaines. Par la cartographie, on s’attachera également à rendre compte de la dimension symbolique des ancrages et des identités urbaines, à représenter la représentation de la ville. Enfin, ce travail s’emploiera à approfondir la réflexion épistémologique sur l’utilisation du cinéma en Géographie. Comment constituer en terrain d’étude un corpus filmique ? Quelle méthode d’analyse mettre en œuvre ?

  • Titre traduit

    Rome, images and identities of the Urbs as mirrored by the cinema, from Neorealism to today.


  • Résumé

    From WWII onwards, Rome has been imposing itself - urbi et orbi - as the city of the cinema. Neorealism, which encouraged film directors to represent society “from the bottom” by shooting scenes from and about the street, has established the Urbs as something of a character in its realistic fictions. In return, those very first pictures from post-WWII cinema have contributed to model Rome’s urban reality. From then on, the cinema has been playing a key role in the making process of the city : indeed, as the cinema captures atmospheres and places, it contributes to shape the latter via elaborate aesthetic and technical treatments. By thus connoting the city’s image and by ensuring - through projection - its transfer into real space, the cinema shapes our vision and our practices of the city. This study is dedicated to the modalities of such transfer and aims at highlighting the way in which men inhabit spaces and spaces inhabit men, materially and spiritually speaking, in a relationship mediated by the cinema. The role played by the 7th Art in the identity-recreation process exercised through space will be equally discussed : by envisaging him/herself differently in different places, a mobile subject thus becomes an actor/actress in a differential staging of him/herself. A series of interviews conducted in Rome will permit to assess the influence which the various representations of the city constructed and conveyed by the cinema have had on the practices of places by different urban populations. Through cartography, the symbolic dimension of anchorages and urban identities will be evidenced and the representation of the city will be represented. Finally, this study will extend the existing epistemological reflection about the use of the cinema in Geography. How can one constitute some filmic corpus as one’s geographic field of investigation ? What analytical method should be developed ?